La bulle politique asniéroise : Asnierois.org & Co. (I)
Un heptatraître
On a vu sa proximité avec asnierois.org. Qui est Josiane Fischer par rapport à Manuel Aeschlimann, plus précisément ? Dans une note de janvier 2004, asnierois.org nous indique que cette ex-adjointe fait partie de la liste de ses “sept trahisons” sur la voie du pouvoir. Pour résumer la version d’asnierois.org, Aeschlimann lui a fait croire qu’elle était sur sa liste aux élections municipales de 2001, puis au dernier moment il en a déposé une autre où elle ne figurait pas. L’avantage était le suivant : il était trop tard pour qu’elle dépose la sienne ou en rejoigne une autre, Aeschlimann s’en est débarrassé sans risquer de l’avoir contre lui.
Bon alors j’imagine que tout le monde est choqué. Sauf que :
- On ne sait pas pourquoi il s’en est débarrassé. On peut formuler diverses hypothèses : si on aime Fischer, parce qu’elle lui faisait de l’ombre, et si on ne l’aime pas, parce qu’elle n’était pas au niveau, ou qu’elle complotait contre lui, ou encore qu’il voulait rompre avec les héritages du passé.
- Ca dépend de la conception que l’on a du politique. Si l’on en a une vision idéaliste, c’est-à-dire un individu totalement désintéressé, c’est très mal. Si l’on a une vision réaliste, ça se discute. En général, je constate que les meilleurs systèmes sont ceux qui tendent à aligner l’intérêt personnel sur celui des autres. On en vient alors à la conception suivante : les politiques sont les représentants et les négociateurs d’intérêts divergents. C’est-à-dire qu’un politique qui ne défendrait pas au mieux son intérêt et donc celui qu’il représente commettrait une faute politique.
J’ai évoqué plus longuement cette question sous l’angle de l’activiste dans cette note, bien avant de découvrir les méandres de la vie politique asniéroise ou bien encore dans cette réponse à mon ami ~laurent. - Les hommes étant ce qu’ils sont, ce genre de coups tordus est inévitable avec le scrutin de liste, c’est sans doute aussi pourquoi De Gaulle a préféré le scrutin majoritaire aux élections législatives : on se présente où on veut sans négocier sa présence sur une liste. Il n’avait malheureusement pas anticipé que les questions de financement finiraient par introduire un problème proche. Les partis ont l’argent, difficile de faire sans, même si le net devrait réduire ce problème. Pensez-y la prochaine fois qu’on vous vendra le scrutin proportionnel comme voie sacrée vers le bonheur.
Sur cette affaire, à supposer que ce soit la version exacte, Manuel Aeschlimann est un homme politique professionnel dans une action à première vue limite. Si on n’aime pas, il vaut mieux envisager autre-chose.
Josiane Fischer a choisi de continuer et s’est portée candidate aux élections législatives de 2002, où elle a fait 7,86%, puis à celles qui viennent d’avoir lieu, où elle a obtenu 3,08%. Le Nouvel Obs précise : “Josiane Fischer, ex-adjointe également, mais « partie d’elle-même », insiste-t-elle, et il y a plus longtemps : c’était en 2001“. Etrange : en 2007, dans un article qui évoque les terribles dérives du député, Fischer, la représentante de l’éthique et de la lutte contre la corruption, était partie d’elle-même. Mais en 2004, dans Asnierois.org, elle s’était fait virer, et dans Le Parisien en 2001 elle criait même à l’“attentat politique”.
Dans ce commentaire, japarthur me recommande de mentionner qu’elle a gagné deux fois en diffamation, pour des faits postérieurs à son renvoi, contre des proches du maire. L’objet de cette note n’est pas de s’en prendre à la personne de Josiane Fischer, mais de s’intéresser à la femme politique dans ses actes. Elle axe son discours sur l’éthique. Fort bien. Elle se doit donc d’être irréprochable sur ce point. Or elle se présente d’une façon grossièrement inexacte à la journaliste du Nouvel Obs pour se démarquer des deux autres candidats de droite, virés ultérieurement.
Je le redis, je n’ai rien contre ces pratiques de comm. En quelques mots, il faut donner une image de vous, c’est forcément réducteur. Mais la moindre des choses est de les relever, puisque, quand le député-maire fait de même, de façon plus subtile, on juge que c’est révélateur de son art consommé de la manipulation. Quand on observe que la candidate de l’éthique s’y met, il faudrait le taire ?
Alors, l’éthique, terrain glissant, toujours facile à administrer aux autres, nettement moins à appliquer soi-même, comment faire pour qu’elle progresse ? C’est affaire de pression sociale. On se trompe juste de cible. Ce sont les Français qu’il faut convaincre. Il en sera alors de l’intérêt des politiques de les suivre.
J’admets volontiers qu’il puisse y avoir des déformations journalistiques. Mais dans ce cas il faut faire preuve de mansuétude indifférenciée.
Prochaine note : Un député activement paresseux
Les notes de cette série :
- Introduction
- Opacité à Asnières
- Un heptatraître
- Un député activement paresseux
- Un vrai politique
- Corruption
- Déni de réalite (Retirée)
Référence : L’État de droit et les blogueurs face la manipulation