Monthly Archive for June, 2007

La bulle politique asniéroise : Asnierois.org & Co. (III)

La bulle politique asniéroise : Asnierois.org & Co. (I)

Un heptatraître

On a vu sa proximité avec asnierois.org. Qui est Josiane Fischer par rapport à Manuel Aeschlimann, plus précisément ? Dans une note de janvier 2004, asnierois.org nous indique que cette ex-adjointe fait partie de la liste de ses “sept trahisons” sur la voie du pouvoir. Pour résumer la version d’asnierois.org, Aeschlimann lui a fait croire qu’elle était sur sa liste aux élections municipales de 2001, puis au dernier moment il en a déposé une autre où elle ne figurait pas. L’avantage était le suivant : il était trop tard pour qu’elle dépose la sienne ou en rejoigne une autre, Aeschlimann s’en est débarrassé sans risquer de l’avoir contre lui.

Bon alors j’imagine que tout le monde est choqué. Sauf que :

  1. On ne sait pas pourquoi il s’en est débarrassé. On peut formuler diverses hypothèses : si on aime Fischer, parce qu’elle lui faisait de l’ombre, et si on ne l’aime pas, parce qu’elle n’était pas au niveau, ou qu’elle complotait contre lui, ou encore qu’il voulait rompre avec les héritages du passé.
  2. Ca dépend de la conception que l’on a du politique. Si l’on en a une vision idéaliste, c’est-à-dire un individu totalement désintéressé, c’est très mal. Si l’on a une vision réaliste, ça se discute. En général, je constate que les meilleurs systèmes sont ceux qui tendent à aligner l’intérêt personnel sur celui des autres. On en vient alors à la conception suivante : les politiques sont les représentants et les négociateurs d’intérêts divergents. C’est-à-dire qu’un politique qui ne défendrait pas au mieux son intérêt et donc celui qu’il représente commettrait une faute politique.
    J’ai évoqué plus longuement cette question sous l’angle de l’activiste dans cette note, bien avant de découvrir les méandres de la vie politique asniéroise ou bien encore dans cette réponse à mon ami ~laurent.
  3. Les hommes étant ce qu’ils sont, ce genre de coups tordus est inévitable avec le scrutin de liste, c’est sans doute aussi pourquoi De Gaulle a préféré le scrutin majoritaire aux élections législatives : on se présente où on veut sans négocier sa présence sur une liste. Il n’avait malheureusement pas anticipé que les questions de financement finiraient par introduire un problème proche. Les partis ont l’argent, difficile de faire sans, même si le net devrait réduire ce problème. Pensez-y la prochaine fois qu’on vous vendra le scrutin proportionnel comme voie sacrée vers le bonheur.

Sur cette affaire, à supposer que ce soit la version exacte, Manuel Aeschlimann est un homme politique professionnel dans une action à première vue limite. Si on n’aime pas, il vaut mieux envisager autre-chose.

Josiane Fischer a choisi de continuer et s’est portée candidate aux élections législatives de 2002, où elle a fait 7,86%, puis à celles qui viennent d’avoir lieu, où elle a obtenu 3,08%. Le Nouvel Obs précise : “Josiane Fischer, ex-adjointe également, mais « partie d’elle-même », insiste-t-elle, et il y a plus longtemps : c’était en 2001“. Etrange : en 2007, dans un article qui évoque les terribles dérives du député, Fischer, la représentante de l’éthique et de la lutte contre la corruption, était partie d’elle-même. Mais en 2004, dans Asnierois.org, elle s’était fait virer, et dans Le Parisien en 2001 elle criait même à l’“attentat politique”.

Dans ce commentaire, japarthur me recommande de mentionner qu’elle a gagné deux fois en diffamation, pour des faits postérieurs à son renvoi, contre des proches du maire. L’objet de cette note n’est pas de s’en prendre à la personne de Josiane Fischer, mais de s’intéresser à la femme politique dans ses actes. Elle axe son discours sur l’éthique. Fort bien. Elle se doit donc d’être irréprochable sur ce point. Or elle se présente d’une façon grossièrement inexacte à la journaliste du Nouvel Obs pour se démarquer des deux autres candidats de droite, virés ultérieurement.

Je le redis, je n’ai rien contre ces pratiques de comm. En quelques mots, il faut donner une image de vous, c’est forcément réducteur. Mais la moindre des choses est de les relever, puisque, quand le député-maire fait de même, de façon plus subtile, on juge que c’est révélateur de son art consommé de la manipulation. Quand on observe que la candidate de l’éthique s’y met, il faudrait le taire ?

Alors, l’éthique, terrain glissant, toujours facile à administrer aux autres, nettement moins à appliquer soi-même, comment faire pour qu’elle progresse ? C’est affaire de pression sociale. On se trompe juste de cible. Ce sont les Français qu’il faut convaincre. Il en sera alors de l’intérêt des politiques de les suivre.

J’admets volontiers qu’il puisse y avoir des déformations journalistiques. Mais dans ce cas il faut faire preuve de mansuétude indifférenciée.

Prochaine note : Un député activement paresseux

Les notes de cette série :

  1. Introduction
  2. Opacité à Asnières
  3. Un heptatraître
  4. Un député activement paresseux
  5. Un vrai politique
  6. Corruption
  7. Déni de réalite (Retirée)

Référence : L’État de droit et les blogueurs face la manipulation

La bulle politique asniéroise : Asnierois.org & Co. (II)

La bulle politique asniéroise : Asnierois.org & Co. (I)

Opacité à Asnières

J’ai déjà évoqué rapidement le rôle central joué par le site asnierois.org dont les articles propres ne sont jamais signés de façon identifiable, autour duquel gravitent divers autres sites anonymes. J’indiquais que le responsable en était Philippe Vassé sur la base des multiples procès qui l’opposent à la mairie d’Asnières concernant ce site. Il m’avait répondu, sans plus de précision, que “le site asnierois.org n’est pas [sa] propriété, ni morale, ni commerciale, mais un site associatif citoyen libre“.

Depuis lors, le 1er juin, l’hebdo Marianne a indiqué que “Josiane Fischer, ancienne UMP, est candidate indépendante à Asnières contre Manuel Aeschlimann dont elle dénonce les excès sur Asnierois.org“. Le site indique être édité par une association, Agoredit, et être financé par une autre, l’Adada. Je n’ai pu déterminer (sur le net) leurs responsables. La déclaration des statuts de l’Adada fait apparaître que Philippe Petit, mari de Josiane Fischer, en est le Trésorier.

La justification à toute cette opacité est que, si l’on suit les amusantes notes du site, Manuel Aeschlimann, le député-maire, est très procédurier, que son ancien directeur de cabinet est adepte de la pression musclée (la Cour d’Appel de Versailles vient de confirmer sa condamnation pour dénonciation calomnieuse de M. Shebli Anvar), et que lui-même se cache derrière son premier-adjoint ou autre “lampiste”.

Il n’en demeure pas moins que pour un site qui reproche à la mairie son manque de transparence, ses dérives dictatoriales et népotiques, et qui prétend rouge-sur-blanc détenir la vérité, c’est assez contradictoire, et à mon avis contre-productif. Washinton n’a pas bouté la perfide Albion hors les Etats-Unis en se cachant derrière son petit doigt, idem pour Gandhi, De Gaulle, Lech Walesa, Vaclav Havel, Nelson Mandela etc. Mais à Asnières la dictature est apparemment telle qu’il est impossible d’y assumer ce que l’on écrit !

Transparence à Puteaux

Puisque l’on aime amalgamer tout ce qui touche à l’UMP dans le 92, comparons un instant à la démarche de Christophe Grébert chez les voisins de Puteaux.

On peut certes le soupçonner d’avoir monté son blog dans l’idée de se porter candidat à la mairie de Puteaux (à mon avis ce sont plutôt les mauvaises réactions de la mairie qui en ont fait un candidat) mais on ne peut certainement pas lui reprocher de s’être caché derrière divers paravents. Sa démarche est authentique et transparente. Peu importe les arrières-pensées, le lecteur sait qui parle, pourquoi, et peut juger de lui-même. On connaît ses opinions politiques, ce qu’il fait dans la vie, on a même droit à son orientation sexuelle. Après on peut s’intéresser au contenu : ce n’est pas très constructif de passer son temps à critiquer. Donc soit il trouve quand même quelques mérites à la façon dont est gérée Puteaux, soit ils nous montre à quel point il ferait mieux. Il a choisi la deuxième option.

Prochaine note : Un heptatraître

Les notes de cette série :

  1. Introduction
  2. Opacité à Asnières
  3. Un heptatraître
  4. Un député activement paresseux
  5. Un vrai politique
  6. Corruption
  7. Déni de réalite (Retirée)

Référence : L’État de droit et les blogueurs face la manipulation

La bulle politique asniéroise : Asnierois.org & Co. (I)

Les électeurs s’étant exprimés, j’entame comme annoncé une série de notes qui servira de référence à la synthèse, beaucoup plus brève, que je publierai ultérieurement sur Agoravox.Sauf en réponse à certains commentaires, j’ai rarement évoqué en détails le contexte local, principalement pour deux raisons : c’était ajouter de la confusion à une affaire déjà complexe et risquer de se voir imputer une part dans la déroute que les adversaires de droite du député-maire d’Asnières viennent de subir. Comme ce contexte fournit la trame sur laquelle repose les autres supputations, il est temps de l’examiner en détails, le risque de perturbation au pouillème du vote étant maintenant derrière-nous.

L’objectif de cette première série n’est pas de montrer que la démarche des opposants à Manuel Aeschlimann est illégitime, je pense au contraire qu’elle est normale et utile, elle cadre même parfaitement avec la conception du politique telle que je l’exposerai brièvement. Je souhaite simplement montrer que la démarche du maire l’est tout autant, que sous l’écume des exagérations et de la mauvaise foi, il y a des divergences politiques profondes, sur des questions fondamentales, et que le climat détestable empêche précisément qu’elles soient exposées, défendues et débattues convenablement.

Cela se retourne contre eux, notamment parce qu’à force d’exagérations ils perdent toute crédibilité, jusqu’à devenir inaudibles.

Prochaine note : Opacité à Asnières

Les notes de cette série :

  1. Introduction
  2. Opacité à Asnières
  3. Un heptatraître
  4. Un député activement paresseux
  5. Un vrai politique
  6. Corruption
  7. Déni de réalite (Retirée)

Référence : L’État de droit et les blogueurs face la manipulation

Confirmation de la condamnation de Francis Pourbagher pour dénonciation calomnieuse

Bruno me communique ce qui suit :

Dans le procés pour dénonciation calomnieuse fait par M. Shebli Anvar (membre de mon association d’habitants à Asnières) contre Francis Pourbagher (à l’époque où il était toujours directeur de cabinet de Manuel Aeschlimann), la cour d’Appel de Versailles présidée par le président Riolacci a rendu aujourd’hui le jugement suivant :
1) Elle n’a pas annulé le jugement du Tribunal Correctionnel de Nanterre
2) Elle a maintenu la condamnation de Pourbagher à 6 mois de prison avec sursis
3) Elle l’a condamné à 3000 euros de dommages et intérêts pour la prtie civile (5000 en 1ère instance)
4) Elle a ordonné la publication du jugement dans asnières info

Référence : L’État de droit et les blogueurs face la manipulation

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