Monthly Archive for March, 2007

Tripatouillages sur Aeschlimann dans Agoravox : le Ve pouvoir à un dîner de cons

Agoravox, le média citoyen, a supprimé l’article qui évoquait la récente décision de la Cour d’Appel de Versailles opposant la mairie d’Asnières et la fondation Elahi.

Cet article ayant été repertorié par Google News, on peut retrouver son existence ici et constater que le lien mène vers une page blanche. J’ai pris une copie d’écran de la page Google et de la page blanche d’Agoravox vers laquelle elle renvoit.

Or :

A ce jour, je n’ai supprimé ou modifié de commentaire chez moi qu’à deux reprises, dans les deux cas sur demande expresse de leur auteur. Il va de soi que ces derniers développements m’obligent à en faire état car ils éclairent sous un jour nouveau toute cette affaire.

Elle a été portée à la connaissance des blogueurs par Miguel Membrado et Bruno de Beauregard, les deux cofondateurs et anciens dirigeants de Mayetic. Ils accusent Manuel Aeschlimann, le député-maire d’Asnières, d’être responsable du dépôt de bilan de leur société.

Je rappelle ma position initiale sur l’affaire, telle qu’indiquée dans ma première note :

Pour l’instant le lien entre le dépôt de bilan de la société et le député ne me semble pas établi :

  • L’intime conviction des deux ex-responsables de la société ne constitue pas une preuve.
  • Un journaliste affirme que le député a fait rédiger une note par les RG. Un autre journaliste affirme que c’est le député lui-même qui a rédigé la note. Ce n’est déjà pas très clair. De plus, puisque les dirigeants de Mayetic affirment que le journaliste du Monde s’est fait manipuler ou agit sur commande, on peut inversement utiliser la même argumentation concernant les deux autres journalistes.
  • Faire dépendre la survie d’une société d’un unique actionnaire public la place dans une situation de grande vulnérabilité. De celà, ce sont ses dirigeants qui sont responsables, et personne d’autre.
  • La propension d’un ex-dirigeant de la société (Miguel Membrado) à insinuer que des gens qui tentent d’analyser objectivement cette affaire d’être commandités par le député n’aide pas vraiment à le suivre dans ses autres accusations.

Il y a toutefois divers éléments très troublants :

  • La justice a indiqué une première fois que l’association de Bruno de Beauregard (l’ancien président de Mayetic) a bien été diffamée. Le résultat de l’appel doit être connu ces jours-ci.
  • Les accusations portées contre lui sont très graves. Le député n’a pas à ma connaissance réagi ni intenté de procès en diffamation.
  • Le ministre de l’intérieur a, d’après la presse, justifié en partie son retour place Beauveau par le fait qu’il voullait s’éviter de la sorte des coups tordus. Il semble donc courant et admis qu’en France les services du ministère de l’intérieur sont utilisés dans le cadre des luttes politiques.

Il y a quantité d’aspects qui laissent craindre depuis le départ une manipulation et qui expliquent pour partie mon refus constant de varier de cette position. Faisons-en un petit tour, très loin d’être exhaustif.

La thèse de Miguel Membrado et Bruno de Beauregard ne tient qu’en raison du lien d’amitié entre Nicolas Sarkozy et Manuel Aeschlimann, ce qui lui donne des pouvoirs hyper-puissants. Cela lui permet d’obtenir ou rédiger lui-même des vraies-fausses notes blanches des RG, dont on parle beaucoup, des rapports de la la DST, dont on parle moins, de censurer l’AFP, de manipuler Le Monde et France 3. Cette puissance, depuis lors, n’a cessé de s’amplifier, au point d’obtenir, d’après eux, un rapport de complaisance de la Miviludes, placée sous l’autorité du Premier ministre. Or ce rapport si faux, si aisément démontable, ils n’ont pas réussi à en convaincre les juges ! Que dit ce rapport ? Que l’on est très fort en manipulation dans le réseau Elahi et, en annexe, supprimée de la copie présente sur le net, j’imagine pour les mêmes raisons que pour mes propres suppressions de commentaire, on fait état d’un lien capitalistique entre Cybion, l’éditeur d’Agoravox, et cette fondation.

Comme la réponse aux graves accusations dont il était l’objet tardait à venir, j’ai placé le député sous patrouille citoyenne, sur la base d’une “bonne” idée qu’il avait eu pour sa ville. J’ai détaillé l’ensemble de ma démarche, que je qualifie d’activiste-responsable, dans cette note. Voici ce que j’indiquais lors de l’annonce par la mairie que le député déposait plainte en diffamation contre ses deux accusateurs.

Je note que le député disposait de trois options :

  • Ignorer les accusations et attendre que l’affaire se tasse
  • Répondre sans porter l’affaire devant les tribunaux
  • Répondre de ces accusations en justice

C’est la troisième option qui a été retenue, probablement la plus risquée pour lui, car il s’agit d’une arme à double tranchant. Elle m’apparaît à la mesure de la gravité de ce dont il est accusé. A mes yeux l’ordre public est rétabli puisque l’affaire sera tranchée devant les tribunaux, comme il se doit dans un Etat de droit, plutôt que sur la place publique dans un climat délétère. Il n’y a donc pas lieu de poursuivre ce que j’annonçais ici, à moins que le député soit débouté et n’en tire pas les conséquences.

Un commentateur anonyme, “proche” de l’affaire, a alors déposé de multiples commentaires. Le journaliste Philippe Nieuwbourg a indiqué ici avoir proposé à cet “anonyme” connaissant si bien l’affaire de l’authentifier et de recueillir son témoignage en lui garantissant le secret des sources, disposition légale permettant aux journalistes de protéger leurs informateurs. L’”anonyme” a malgré tout refusé de se dévoiler, arguant des grands pouvoirs maléfiques de l’inévitable Manuel Aeschlimann s’il le faisait.

Bruno de Beauregard, l’ancien président de Mayetic, a ensuite affirmé qu’il était sans nouvelle de ces plaintes, qui, précisait-il, “seraient les bienvenues” ce qui laissait craindre un effet d’annonce, dans la droite ligne de l’image de tordu de ce fameux député d’Asnières. J’ai donc recommencé à en demander des nouvelles, pendant que l’affaire s’amplifiait et se propageait puisque “l’on se moquait de nous”.

J’ai fini par obtenir une réponse par sms du député qui me donnait sa parole (”promis”) qu’il avait bien déposé ces plaintes. Bruno de Beauregard a continué à mettre en doute leur existence, puis, dans un commentaire ultérieur, a indiqué que ces plaintes n’avaient pas tant d’importance que ça ! Les blogueurs s’en prenaient depuis trois mois à un député au point de demander une commission d’enquête parlementaire sur la base du doute entourant ces plaintes, mais maintenant qu’il devenait de plus en plus difficile de les contester, elles n’avaient plus tant d’importance. Philippe Vassé, pour sa part, le responsable du site asnierois.org, est même venu avec des éléments “probants”. Il s’était bien renseigné et n’en avait pas trouvé trace.

Patatras, Miguel Membrado, l’ancien co-fondateur et directeur général de Mayetic, confirmait ensuite avoir reçu la plainte, qui avait été déposée précisément comme l’indiquait la mairie. Il se présentait au passage comme victime de la phrénésie procédurière de l’affreux député, ce que divers blogueurs ont relayé cash.

Donc après avoir été constamment mises en doute mais bienvenues si elles se présentaient, puis considérées comme peu importantes si vraiment elles existaient, lorsqu’elles se sont matérialisées ces plaintes sont devenues une attaque confirmant ce que “tout le monde dit du député”, alors que leur remise en cause avait prolongé, amplifié, fait déraper une fronde et qu’en vérité Manuel Aeschlimann acceptait de prendre le risque d’un procès en diffamation devant des accusations énormes. Bien sûr ça ne veut rien dire puisqu’il a tout l’appareil d’Etat + la justice dans sa poche. Malheureusement, on nous dit par ailleurs que la mairie d’Asnières perd tous ses procès.

Retrouve-t-on ailleurs ce type d’argumentation, ou l’on prend ce que l’on a planté pour montrer que ça démontre ce que l’on dit ? Dans le dernier commentaire de Bruno chez moi par exemple, mais il y a de quoi ramener une pêche miraculeuse dans les milliers de commentaires et notes que j’ai lu, ici et ailleurs : “Qui peut prétendre qu’il ne pouvait pas le savoir, alors qu’il ne faut que 5 minutes sur Google pour s’en rendre compte, tellement les ficelles sont grosses ?” Or qui a planté ce que l’on trouve sur Google ? Miguel et Bruno en alertant les blogueurs ainsi que le site asnierois.org de Philippe Vassé, déjà évoqué tout à l’heure, dont l’Express nous dit qu’il est engagé dans une guerilla procédurière avec la mairie sur les décisions municipales, ce qui éclaire la guerilla sur son site asnierois.org, qui fait qu’on n’a jamais la réponse aux questions, parfois très intéressantes, qui y sont posées. Il y a autour de ça toute une noria de sites tous plus anonymes les uns que les autres, dont il est impossible de savoir qui est derrière et qui font fort opportunément monter le classement Google (donc la crédibilité au sens de Google) de l’ensemble.

Un autre aspect inquiétant est qu’à part les deux anciens dirigeants et la mairie, aucun autre acteur de cette affaire ne s’est exprimé, dans les centaines de notes et milliers de commentaires que j’ai pu lire. Alors qu’on n’a pas manqué d’”anonymes” qui savent et se portent garants d’eux, ou qui laissent traîner du goudron et des plumes dont les commentateurs authentiques, qui n’ont aucun lien avec l’affaire, finissent par se saisir.

Enfin, L’Express toujours, indique que le coeur du conflit oppose Manuel Aeschlimann à Elahi, au point que Claude Guéant, l’ancien directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur, a tenté et échoué une médiation entre eux. C’est-à-dire que l’affaire Mayetic est un aspect périphérique du conflit.

Je n’ai aucune idée des raisons du conflit central, on en est réduit à des hypothèses. J’ai tenté d’examiner cette affaire comme un blogueur, en me basant uniquement sur ce qui est disponible en ligne. Ce qui sous-tend les accusations est troublant au départ, mais ne prouve rien, et au lieu de fournir des éléments crédibles et sérieux par la suite, apparaîssent avec le temps de nouvelles accusations, de plus en plus énormes, amalgamées aux “informations” des autres sites, toutes considérées comme vraies lorsque jugées compromettantes pour le député-maire. Quand un élément gênant se présente, au hasard une décision de justice, on le démolit sur la base d’une thèse du complot qu’on a répandu, amplifié, mais jamais démontré, en lançant un appel à ceux à qui l’on a, à l’évidence, avec le temps, fourni des éléments spécieux, tous discutables, mais qui font masse.

Les éléments s’accumulent qui montrent que cette affaire fonctionne en vase clos dont on décrédibilise ou supprime tout ce qui gênerait la thèse de départ. L’extérieur est présenté comme l’ennemi à abattre, à rejeter sans autre forme de procès. Les blogueurs constituent sans doute des pions dans un conflit dont les acteurs principaux sont tapis dans l’ombre. Des comportements et des éléments apparaîssent, dans la droite ligne de ce que décrit un rapport diabolisé, qu’il ne faut pas lire, qu’il ne faut pas diffuser, qui est archi-faux, mais qui aux yeux de trois magistrats est jugé crédible. Il est impossible de déterminer les enjeux précis de ce conflit. Mais Manuel Aeschlimann vient de gagner une manche en justice, ce qu’Agoravox a choisi de ne pas diffuser (pour d’autres raisons selon lui) après que Cybion, son éditeur, soit intervenu aboutissant à la suppression des éléments génants d’un rapport officiel, pour d’autres raisons selon lui également.

J’ai indiqué à plusieurs reprises que cette affaire n’avait plus rien à faire sur la place publique à partir du moment où il était établi que Manuel Aeschlimann y répondait en justice. Le risque étant qu’elle dérape et se retourne contre ceux qui avaient pris l’initiative de nous en alerter.

MAJ 1/4

La discussion qui a suivi cette note a permis d’établir que l’article supprimé était une version remaniée du récent communiqué diffusé par la mairie d’Asnières suite à la décision de la Cour d’Appel de Versailles dans l’affaire l’opposant à la fondation Elahi et à l’association de Bruno de Beauregard. Cela ne change rien à ce qui me préoccuppe, à savoir éviter d’être instrumentalisé dans des conflits dont on néglige d’indiquer tous les aspects. Carlo Revelli indique dans ses réponses que le lien entre Cybion et Elahi est ridicule et que les raisons de la suppression tiennent uniquement aux controverses que ce sujet induit. J’estime pour ma part que la décision de la Cour d’Appel de Versailles montre que l’affaire Mayetic est plus complexe qu’on ne l’a pensé au départ, et, que le choix soit subjectif ou pas, il était important de le signaler, vu que ce qui a crédibilisé cette affaire était une censure à l’AFP que Manuel Aeschlimann et l’AFP démentaient.

J’accepte bien volontiers les explications de Carlo Revelli, mais le fair-play commande alors de reconnaître qu’on a été un peu rapide en besogne au départ. J’invite chacun à lire la discussion qui permet de mieux comprendre les multiples facettes de cette affaire.

Sur le fond, les Français ont un rapport un peu étrange aux politiques. Volontiers clientélistes au plan local, nettement moins au plan national, comme s’il y avait un seuil au-delà duquel on passait du souhaitable, de l’acceptable, à l’inacceptable. Ce n’est pas des politiques que vient le problème, mais des Français, qui sont sur ce point divisés (autour de 60% pour “les petits arrangements entre amis” si mes souvenirs sont bons dans la dernière étude du CEVIPOF sur le sujet). Bref, vouloir mêler les deux peut être interprêté comme une diabolisation dans l’idée de nuire, mais correspond également à l’avènement du net qui par définition est local et “global”.

MAJ 4/4

M. Shebli Anvar est également intervenu dans la discussion. Il affirme que les observations de la Miviludes ne sont pas accompagnées d’un rapport de 400 pages, comme l’article du Parisien permettait de le penser. Il indique que : “les 400 pages citées par le Parisien sont une erreur que la journaliste a reconnu avoir commise en raison du fait que le vrai rapport (sans guillemets) de la Miviludes pour l’année 2006 fait environ 400 pages. Comme la remarque en a été faite dans les commentaires ci-dessus, aucun élément de cette note n’a été inclus dans le rapport de la Miviludes.

M. Anvar est un acteur important de cette affaire, et c’est à ma connaissance la première fois qu’il s’exprime publiquement sur un blog. Le directeur de cabinet de la mairie d’Asnières à l’époque des faits, M. Francis Pourbagher, a été condamné à 6 mois de prison avec sursis pour dénonciation calomnieuse de M. Anvar.

MAJ : Réponse de Carlo Revelli

MAJ 31/3 : Guerilla bloguienne

MAJ 6/4 :

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Référence : L’État de droit et les blogueurs face la manipulation

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La mairie d’Asnières ne perd plus tous ses procès, Bruno de Beauregard s’en prend aux juges et en appelle au Ve pouvoir

Commençons par le plus léger : je sais bien que c’est bientôt le 1er avril, mais Manuel Aeschlimann ouvre vraiment son blog ici :-)

Concernant les conclusions de la Cour d’Appel de Versailles, Bruno de Beauregard avait ouvert le bal dimanche dans sa note La Cour des Miracles vs Le Cinquième Pouvoir. Il estime en conclusion “que la preuve a été rapportée qu’aucune institution de notre soit-disant belle République ne fait son travail dans cette affaire, il me semble qu’il ne reste plus que le Cinquième Pouvoir à qui proposer de se prononcer.

La mairie d’Asnières diffuse aujourd’hui le communiqué suivant :

FONDATION ELAHI ET SOCIETE MAYETIC : LA JUSTICE AVANCE

Le 7 mars 2007, la Cour d’Appel de Versailles a rendu trois arrêts concluant à la relaxe du Maire-adjoint d’Asnières-sur-Seine, en charge de la Communication, Francis DELAGE dans des affaires de diffamation opposant celui-ci à :
- la Fondation ELAHI,
- Monsieur François AMELI, membre de la Fondation ELAHI,
- l’Association des Riverains et Habitants de la ZAC Métro à Asnières-sur-Seine.

Celles-ci font suite au Rapport Officiel de la MIVILUDES (Mission Interministérielle de Vigilance et de Lutte contre les Dérives Sectaires), paru en octobre 2006, qui recensait de nombreux éléments de “pratiques sectaires” de la part de la Fondation ELAHI et de ses divers satellites.

La MIVILUDES, qui qualifiait de “nébuleuse ELAHI” tout le réseau de sociétés et d’associations diverses créées dans le sillage de la Fondation ELAHI, incluait dans cette “nébuleuse”, l’Association des Riverains et Habitants de la ZAC Métro et la société “MAYETIC”.

Les deux cofondateurs de cette société “MAYETIC”, Monsieur Miguel MEMBRADO et Monsieur Bruno de BEAUREGARD, ont été mis en examen le 23 octobre 2006 et le 4 janvier 2007.

Ces deux personnes ne s’étant pas rendues aux convocations du juge, ils ont dû faire l’objet d’un mandat d’amener. Ces “membres importants de l’ensemble Ostad Elahi”, selon les termes de la MIVILUDES sont poursuivis pour avoir diffamé le Député-Maire d’Asnières-sur-Seine, Manuel AESCHLIMANN.

Ils avaient prétendu que la Mairie d’Asnières-sur-Seine serait responsable de la liquidation de la société MAYETIC. Or, la Caisse des Dépôts et Consignations a indiqué publiquement que sa décision de rompre ses relations avec cette société et de se retirer de son capital, s’est exclusivement fondée sur une analyse financière qui a constaté d’une part, la non réalisation des prévisions budgétaires 2005 de MAYETIC et d’autre part, l’absence de perspective d’entrée d’un nouvel investisseur contrairement aux engagements de cette société.

Charles CAILLET, Premier Maire-adjoint délégué à la Communication

Le Cinquième Pouvoir c’est joli, ça fait probablement vendre des livres, mais ça existe déjà depuis fort longtemps, c’est le peuple souverain. Jusqu’ici il choisissait ses représentants mais avait quelques difficultés pour s’exprimer. Les “nouvelles technos” fournissent certes un bon moyen, mais il y avait un certain flou juridique. Or sur ce point la Cour de Versailles consolide la liberté d’expression, exactement selon les mêmes principes que ceux appliqués à Christophe Grébert dans son procès contre la mairie de Puteaux, même si c’est cette fois Francis Delage, un maire adjoint voisin, qui en bénéficie. On n’est pas très loin de mon droit à dire n’importe quoi, ce qui est une très bonne nouvelle.

Si des politiques veulent s’amuser à introduire des labels et des contrôles (j’ai vu André Santini reprendre l’idée récemment, ce qui m’a un peu étonné) les juges ont répondu à deux reprises que ça ne peut pas s’appliquer au simple citoyen, et la Cour de Versailles rappelle que cela découle du droit européen, supérieur au droit français. Il n’a échappé à personne que le mandat de Manuel Aeschlimann vient bientôt à échéance, le peuple souverain a donc son bulletin, son clavier et la bénédiction des juges pour trancher la question.

Il est difficile de commenter une décision que l’on ne connaît que par bribes, mais il semble que les juges n’ont pas été convaincus par la théorie du Raspoutine-sur-Seine - Manuel Aeschlimann tapi partout, dictant les notes des services de renseignement, baîllonnant les journalistes, les rapports de la Miviludes etc. C’est plus probablement un très bon lobbyiste, qui, à tort ou à raison, est en lutte contre d’autres lobbyistes avec toutes les dérives, dégats et erreurs propres à ce type de conflits et aux organisations hiérarchiques.

Il est évident que l’organisation actuelle de l’Etat, qui s’explique pour des raisons politiques (prise de contrôle du parti majoritaire de (et depuis) l’i(I)ntérieur), fournit matière à soupçons. Paradoxalement, à ma connaissance, l’affaire Clearstream a eu pour effet pervers indirect de faire échouer le projet de contrôle par le parlement des activités des services de renseignement. Puisque chacun peut constater durant la campagne présidentielle que ces affaires n’ont pas d’impact, c’est l’occasion de mener ce projet à bien. A supposer qu’il fasse partie de la nouvelle majorité, je verrais bien le prochain député d’Asnières tout tenter pour être le rapporteur voire l’auteur de ce texte, qui mettrait un terme à cette lamentable exception française :-)

Conclusion temporaire : la France est un Etat de droit biscornu, mais comme on peut à peu près tout y dire et écrire, elle finira bien par le devenir pleinement.

Quant à la morale de cette histoire, voici celle du spécialiste ès-Cour de Versailles :

Le Loup plaidant contre le Renard par-devant le Singe

Un Loup disait que l’on l’avait volé :
Un Renard, son voisin, d’assez mauvaise vie,
Pour ce prétendu vol par lui fut appelé.
Devant le Singe il fut plaidé,
Non point par Avocats, mais par chaque Partie.
Thémis n’avait point travaillé,
De mémoire de Singe, à fait plus embrouillé.
Le Magistrat suait en son lit de Justice.
Après qu’on eut bien contesté,
Répliqué, crié, tempêté,
Le Juge, instruit de leur malice,
Leur dit : “Je vous connais de longtemps, mes amis,
Et tous deux vous paierez l’amende ;
Car toi, Loup, tu te plains, quoiqu’on ne t’ait rien pris ;
Et toi, Renard, as pris ce que l’on te demande. ”
Le juge prétendait qu’à tort et à travers
On ne saurait manquer, condamnant un pervers.

La Fontaine

Référence : La France est-elle un État de droit ?

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