Via 13 esprit média : “les observations de la Miviludes sur la fondation “Ostad Elahi” et des organismes proches.“.
Quelques extraits significatifs :
A sept reprises, des représentants de la presse écrite ont interrogé la Mission sur ses sources. Ils affirmaient savoir « de source policière sûre » que les notes des Renseignements généraux publiées par la presse étaient des faux, commandés ou fabriqués à la demande et que les services les désavouaient aujourd’hui, de « vraies notes plus sincères » existant par ailleurs mais étant censurées.
Des contacts avec la Direction concernée ont permis de s’assurer que ces affirmations n’étaient pas fondées, mais elles sont reprises sans cesse dans les écrits des amis d’Ostad Elahi.
Quelques jours plus tard, c’est le document émanant de la DST, cité par le journal Le Monde, qu’un journaliste signalait à l’attention de la Miviludes « comme étant un faux, une seconde note plus objective ayant été occultée par la hiérarchie du Ministère, au grand dam de la source là
encore très fiable ». Une investigation menée immédiatement auprès de cette Direction permettait d’établir que cette nouvelle affirmation ne reposait sur aucune base, et qu’aucune autre note relative à
la nébuleuse en question n’avait été rédigée.
Cela n’a pas empêché les proches de ces organisations d’alerter les media sur ces «montages » et de reproduire systématiquement ces allégations dans des écrits dont on peut leur attribuer la paternité, que ces derniers soient signés ou anonymes, sous le couvert de blogs ou de tracts.
(…)
S’ajoutant à ces interventions, on relève une culture du parrainage souvent abusive si l’on s’en tient strictement aux vérifications effectuées.
Ainsi, Madame Chirac ayant accordé son parrainage à un séminaire organisé au Sénat, est ensuite présentée au détour d’une conversation ou dans des documents comme « Présidente d’honneur » sans qu’il soit précisé de quoi exactement. Il en va de même avec l’Abbé Pierre, Maurice Béjart et quelques autres personnalités qui à un moment ont participé au comité de parrainage du centenaire de la naissance d’Ostad Elahi et dont le nom est resservi sans cesse.
(…)
En dépit de l’existence de nombreux éléments constitutifs de dérives sectaires, on ne peut pour autant déclarer que l’on est confronté à une organisation sectaire, faute de signalements de victimes clairement identifiées, de dommages aux familles ou de prosélytisme caractérisé. On se trouve plus simplement en face d’un communautarisme exacerbé, dont les dérapages ressemblent à des pratiques sectaires.
A noter que contrairement à ce que j’ai pu lire chez japarthur (au 13.10.06) qui reprend un commentaire chez Bruno de Beauregard, le document cité ne constitue pas l’ensemble du rapport, mais seulement les observations de la mission. Le Parisien évoque dans son article sur le sujet “un dossier de 400 pages“. MAJ 17/10 BdB conteste ce point ici.
Dans la presse :
La fondation Elahi n’est pas considérée comme une secte, Le Parisien
La fondation Ostad Elâhi accusée de dérives sectaires, Le Monde
Le maire d’Asnières voyait des sectes partout. Le sarkozyste Manuel Aeschlimann a harcelé la fondation Elahi. A tort. Libération
Commentaires :
Puisqu’on va inévitablement me demander ce que je pense des observations de la Miviludes dans les commentaires, je prends les devants en reprenant ce que j’écrivais au tout début de l’affaire chez Philippe Nieuwbourg :
la France a choisi de faire exception à la liberté d’association lorsqu’il s’agit de sectes. on se fait régulièrement écharper par le département d’Etat américain sur le sujet, qui considère que nous ne respectons pas les libertés fondamentales.
définir ce qu’est une secte n’est pas chose aisée. pour des athées intégristes, la religion catholique est une secte. et le problème des exceptions aux libertés fondamentales est qu’elle peuvent servir à mauvais escient. par principe je suis contre toutes ces limitations et exceptions, mais nous sommes en France où le citoyen est jugé trop immature dans quantités de domaine.
il est impossible d’être totalement convaincu par la position des anti-aeschlimann sans faire une enquête détaillée qui n’est pas à la portée d’un amateur qui blogue en fin de soirée. rien ne permet d’être certain que le député n’est pas convaincu qu’il a à faire à une secte, auquel cas il devient difficile de lui faire des reproches, même si tous les faits rapportés sont vrais, en tout cas dans le cadre de la Ve République qui ne se caractérise pas par une séparation des pouvoirs ultra-nette.
faire ce procès sur la place publique ne conduira à rien de bon, et se retournera probablement contre les anti-aeschlimann car la complexité de cette affaire joue contre eux. je me doute bien que lorsque l’on est au coeur de cette affaire depuis des années, ce soit très insatisfaisant, mais attendre plus de la blogosphère qu’inciter le député à se rendre dans l’arène judiciaire est non seulement illusoire mais dangereux.
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