Manuel de survie du dirigeant paniqué par la blogosphère

MAJ 7/7/08 Bruno de Beauregard (fondateur Mayetic) condamné pour diffamation envers Manuel Aeschlimann

A l’origine, j’envisageais ce blog comme un outil d’aide à la réflexion, et non comme un moyen de communication. Poser sa pensée par écrit permet de l’approfondir. Ce qui est particulièrement intéressant, c’est que j’avais en quelques sortes rédigé une ébauche théorique, qui s’est vite retrouvée confrontée à la réalité. Pour la postérité, appelons-la l’expérience Aeschlimann-Beauregard. Afin d’éviter toute accusation de favoritisme de la part de nos deux frères-ennemis, je précise que, dans l’ordre alphabétique, le A vient avant le B.

Transparence

Concernant la transparence, ma note “Loïc Le Meur l’agneau sacrificiel de la transparence” indiquait :

S’opposer à la transparence est vain. Non pas pour des raisons morales. Le culte de la transparence est d’importation. La société française fonctionnait à sa façon sur d’autres principes. Mais pour des raisons techniques.

Tout ce que nous faisons et disons laisse des traces, et de plus en plus. Toute tentative d’étouffement ou de falsification a de grandes chances d’être repérée. Un disque dur n’est jamais véritablement effacé, la partie visible d’un fichier n’est que la face émergée de l’iceberg, nous laissons nos empreintes partout sur le net, et notre mobile permet de nous suivre à la trace. Et ce n’est qu’un début.

L’expérience Aeschlimann-Beauregard a permis de le vérifier en pratique à deux reprises, d’abord dans Wikipédia, ensuite dans les commentaires bidons. Si la mairie avait réagi tout de suite dans le premier cas, en admettant les faits et en explicitant ses raisons - comme l’a fait le Congrès américain - elle aurait été crédible lors de son démenti dans le deuxième cas.

Généralement la transparence fait peur car elle signifie qu’on ne va plus pouvoir cacher nos conneries. Mais dans l’ensemble les blogueurs sont adultes et humains, et donc très tolérants concernant les erreurs. Ce qu’ils rejettent, c’est toute atteinte au triptyque éthique-authenticité-transparence.

L’exemple le plus édifiant à ce jour de la grosse connerie avouée et pardonnée au centuple concerne Lawrence Lessig. Il s’agit d’un professeur de droit de la prestigieuse université de Princeton, qui a publié quantité d’ouvrages qui font référence dans le domaine du droit de l’Internet. Il a également intenté un procès devant la Cour suprême des Etats-Unis contre Walt Disney. Il est par ailleurs à l’origine des licences Creative Commons, qui sont un peu une extension du mouvement du logiciel libre à toutes les formes de création numérique.

Et bien figurez-vous que ce brillant juriste, qui donne des leçons à la terre entière dans des présentations exceptionnelles (PowerPoint et même Steve Jobs c’est un peu les discours de Fidel Castro, en comparaison), cette sommité donc, a fait une connerie monumentale. Il ne s’est pas rendu compte que les licences Creative Commons étaient incompatibles entre elles, et qu’il s’ensuivrait un désastre s’il n’y était pas rapidement remédié.

Alors il aurait pu dire que c’était un étudiant de passage qui les avait rédigées, corrompu en douce par le méchant Bill Gates dans une stratégie machiavélique de plus. Au lieu de celà, il a pris son blog et a tout avoué (je résume) : “hum, désolé les gars, j’ai fait une grosse connerie avec mes licences. ah, et puis aussi une autre, je n’ai pas très bien tenu la comptabilité de la fondation, donc avec toutes mes conneries, j’ai besoin de $225.000 d’ici à la fin du mois”. Que croyez-vous qu’il advint ? Loin d’être lynché le brillant professeur de droit obtint plus de $225.000 avant la fin du mois, dont $25.000 de Microsoft au moment où il craignait de ne pas y arriver, plus un petit chèque anonyme d’un million de dollars.

Non ce n’est pas un conte de fée, c’est la réalité. C’est comme ça que fonctionne le net. Les internautes font naturellement confiance et preuve d’empathie, loin des analyses sur l’individualisme grandissant de nos sociétés. Contrairement à ce que dit Sarkozy ici, les blogs ce n’est pas du tout, mais alors pas du tout, comme les radios libres. C’est un média avec une voie de retour à priori bienveillante, mais qui se transforme en tsunami si vous avez un comportement qui ne respecte pas le tabou social suprême de la confiance.

Une nouvelle espèce : l’activiste responsable

Bien sûr vous pensez que malgré tout l’Etat central ou votre structure centralisée ont les moyens de prévaloir, de résister à un tsunami de blogueurs. Non, il va falloir composer, cesser de se considérer au dessus. Dans ma note “La prise de pouvoir de l’activiste“, j’écrivais :

La destruction des tours du World Trade Center le 11 septembre 2001 symbolise un tournant dans le rapport de forces entre l’activiste et les structures centralisées étatiques. Quelques individus, agissant de façon décentralisée avec la palette des technologies courantes, peuvent damer le pion à la nation la plus puissante. On trouve quantité d’autres exemples, moins tragiques, de cet affaissement des structures centralisées au profit de petits groupes décentralisés.

Un certain angélisme conduit à considérer cette décentralisation comme éminemment positive. Sans doute parce que comparer un mouvement globalement positif comme le logiciel libre et un mouvement terroriste organisé selon les mêmes principes apparaît à priori choquant. Or ce n’est pas en étant béat d’admiration que nous éviterons le pire, c’est en l’anticipant et donc en développant divers anticorps.

Si l’activiste ne mûrit pas, en délaissant sa posture protestataire au profit d’une approche constructive et raisonnée des problèmes, l’accroissement de son pouvoir aura des effets désastreux si rien ne peut lui résister. Le pouvoir donne des responsabilités. Chacun, des deux côtés de cette ligne imaginaire qui semble les diviser, devrait les assumer pleinement.

Si l’on étudie en détail mes notes depuis le début de l’expérience Aeschlimann-Beauregard, on voit que j’ai essayé de tendre vers cette nouvelle forme d’activisme, en même temps extrêmement déterminé, et en même temps extrêmement responsable. J’ai constamment défendu la présomption d’innocence du député. Je me suis opposé à tout ce qui pouvait mener au lynchage. Mais j’ai demandé des comptes et des explications et que l’affaire soit portée en justice, et j’ai tout fait pour l’obtenir, annonçant à l’avance, prévenant, expliquant. Et ce comportement n’est pas du tout unique.

Dans l’ensemble, à quelques exceptions marginales près, tous les blogueurs qui ont parlé de l’affaire se sont posés beaucoup de questions et n’ont rien pris pour argent comptant. Chacun était très conscient de ses limites. Nombreux sont ceux qui n’ont pas fait mystère de leur sentiment. Chaque sensibilité a d’une certaine façon été représentée. Mais il n’y a pas eu d’emballement, comme il y en a si souvent dans la presse. Une simple, calme et lente tâche d’huile se répandait à la mesure du silence de plus en plus insistant du député. Et la demande de court-circuiter la justice des anciens dirigeants de Mayetic ne semble pas avoir eu beaucoup de succès (ils contestent cette interprétation dans ce commentaire).

Depuis ma note, j’ai par ailleurs constaté par la pratique qu’un activiste qui acquiert un peu trop de pouvoir voit assez vite apparaître une série de contre-pouvoirs. C’est quelque chose qu’il est difficile de comprendre sans bloguer soi-même. Mais ça semble vraiment s’autoréguler.

A titre d’exemple, Christophe Grébert commence a avoir une série d’oposants qui ne sont pas tous fabriqués. C’est assez sain. Le problème, c’est que ça ne fonctionne pas bien dans son cas parce que des imbéciles ont cru malin de lui fabriquer de faux opposants. De la sorte, on décrédibilise les vrais et on l’amène à fermer les écoutilles. Au final il tape plus fort, il fait plus mal, soit les ingrédients parfaits pour booster son audience. Le site d’Alex, qui a laissé un commentaire ici, a l’air authentique. Il faudrait que je le lise en détails pour me faire une idée plus précise. Mais à priori il est nettement plus suspect que si on laissait Christophe raconter ses conneries (ou pas) en paix.

Du dirigeant au responsable activiste

Alors comment le dirigeant doit-il réagir dans ce nouveau monde, où chacun ne dispose que d’une voix mais bénéficie de bienveillance s’il se conforme au triptyque éthique-authenticité-transparence ? Voici ce que j’en pensais, dans ma note “Un dirigeant doit-il bloguer ?” :

Un homme de pouvoir avisé n’a probablement pas personnellement intérêt à bloguer au fil de la plume. On sort de l’ambiguïté à son détriment, selon la formule d’un cardinal.

Nous vivons toutefois une période où le crédit dont jouit un individu est inversement proportionnel à l’ampleur de ses responsabilités. La pureté de l’innocence va à ceux qui ne se salissent pas les mains, en refusant systématiquement toute forme d’engagement et de responsabilité. Aux autres le fardeau permanent du soupçon de culpabilité.

Lorsque l’on se borne à une posture contemplative, le pouvoir est vu comme nauséabond et corrupteur. On voit un fait particulier qui nous déplaît, sans le replacer dans son contexte. Ce n’est pas toujours faux, mais si l’on se donne la peine de s’impliquer et de s’informer, les turpitudes sont pratiquement toujours explicables sans rentrer dans une dialectique opposant les bons et les méchants.

Pour faire pièce au pouvoir grandissant de l’activiste, qui demande des comptes, le silence devient la pire des réponses. Il est temps de revenir à Montesquieu qui posait que pour faire de grandes choses, il ne faut pas être au dessus des hommes, il faut être avec eux.

Réflexion sur la stratégie électorale dans la blogosphère

Voici ce que je répondais à ~laurent, dans ce commentaire :

quant au député sur le plan de la stratégie électorale, etc., il me rappelle beaucoup Karl Rove par rapport à George Bush. c’est plutôt un compliment dans mon esprit. mais il est certain qu’envisager les électeurs comme des niches que l’on agglomère, ça ne doit pas attirer que des amis.

ce sont des questions intéressantes. le parti socialiste est de moins en moins présent sur le terrain. si tous les partis modérés font pareil, on cède en fait le terrain aux extrémistes de tout poil qui labourent bien, eux. des stratégies inspirées du monde de l’entreprise pour renouer le contact avec les électeurs semblent assez appropriées.

sur ce point la blogosphère est fascinante, car il y a une forte opposition qui est en train de se créer contre ces méthodes (y compris chez toi).

la politique française avait deux trains de retard. les techniques marketing des sarkoboys lui permettent d’en reprendre un. mais les blogs sont déjà en train de les ringardiser, sur le même mode que ce que l’on observe dans le domaine économique.

naturellement, tout est une question de timing, et un truc n’est pas ringard de façon binaire du jour au lendemain. mais peut-on utiliser les techniques mass médias et d’autres sur le net, j’en doute fortement. c’est un peu le dilemme de l’innovateur, tout ça. pour être crédible sur le net, il faut probablement choisir de faire l’impasse sur le gros du marché (la prochaine campagne présidentielle) pour pouvoir mieux le contrôler au coup d’après.

je sens que je vais me faire assassiner pour tenir des propos qui paraîtront à certains ultra-cyniques ;-)

la question morale de mon point de vue ne doit pas porter sur les méthodes, mais sur les buts. attac utilise par exemple toutes les méthodes de ce qu’ils condamnent par ailleurs, mais le justifient par le fait que leur combat est juste. ‘ils sont les gentils’

Si vous-avez des références vers des documents ou des notes qui compléteraient utilement ces quelques réflexions, merci de les fournir en commentaire, je les ajouterai à la fin de cette note, qui est un work in progress.

Référence : L’État de droit et les blogueurs face la manipulation

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30 Responses to “Manuel de survie du dirigeant paniqué par la blogosphère”


  1. 1 gaëlle

    Juste un bisou Lionel, je ne suis pas aussi prolixe que José mais je suis sincère (effacez d’emblée tout le texte).les références et les doc, se mettent en ligne chez Bruno de Beauregard.

  2. 2 lionel

    je ne suis pas sûr de comprendre. s’il s’agit d’effacer cette note, c’est un début de réflexion sur la meilleure façon de réagir dans le cas d’une attaque sur la blogosphère. que la cause défendue soit bonne ou pas n’est pas ce qui m’intéresse ici. ça me paraît une réflexion très intéressante, et assez pertinente, que j’aimerais affiner.

    sinon, j’ai mal compris :-)

  3. 3 lionel

    la conclusion logique de cette note, pour tout dirigeant qui veut se défendre dans la blogosphère est qu’il devrait ouvrir un blogue et s’y comporter de façon éthique, authentique et transparente. ce n’est pas évident ?!

  4. 4 IreneDelse

    Limpide, précis, percutant ! Merci !

  5. 5 lionel

    ah merci irene pour ce commentaire, je commençais à me poser des questions. pas facile d’éviter les erreurs de comm et les ambiguités quand on a pas d’éditeurs derière son dos ;-) c’est à ça que servent aussi les commentaires.

  6. 6 ~laurent

    Mais non mon lionel c’est super bien comme d’hab :)
    > Si l’on étudie en détail mes notes depuis le début de l’expérience
    > Aeschlimann-Beauregard, on voit que j’ai essayé de tendre vers
    > cette nouvelle forme d’activisme

    T’as simplement besoin d’un gars pour t’écrire des discours percurtant :P et puis activiste c’est un boulot a plein temps, fait pas se limiter aux ambulances (Aescliman) (ça me faoit chier de retenir son nom avec son orthographe), mais s’attaquer aux vrais forteresses, mais on reparlera un de ces jours.

    Encore merci … d’exister …

  7. 7 lionel

    dentelle, délicatesse et diplomatie, le technique du neo spin doctor laurent bervas ;-)

  8. 8 IreneDelse

    On ne s’ennuie pas, sur les blogs ;-)

    Sérieusement, il y a un petit côté “chasse au trésor” dans le décryptage d’une affaire comme celle-ci, qui peut enivrer. Et un billet comme celui-ci permet de réfléchir à sa pratique… et à l’éthique de l’activisme. D’une certaine façon, c’est celui qui garde le mieux son sang-froid qui gagne, dans ce genre de fight-club sur blog (hé hé ! merci Laurent).

  9. 9 ~laurent

    pfffuiiii vil flatteur :) au fait tu viens quand à casa ?
    Je fais peut être une fiesta fin avril (anniversaire du lolo). Tu viens ?

  10. 10 lionel

    pas sûr, mais pas impossible non plus :-)

  11. 11 José@La e-Cité

    Lionel,

    A l’origine, j’envisageais ce blog comme un outil d’aide à la réflexion, et non comme un moyen de communication. Poser sa pensée par écrit permet de l’approfondir. Ce qui est particulièrement intéressant, c’est que j’avais en quelques sortes rédigé une ébauche théorique, qui s’est vite retrouvée confrontée à la réalité.

    ==> La théorie, c’est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c’est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi. Ici, nous avons réuni théorie et pratique : Rien ne fonctionne… et personne ne sait pourquoi ! Albert Einstein.

    Tu as raison, rien ne fonctionne comme nous le simulons avant de passer à l’action, c’est bel et bien pourquoi les activistes sont souvent débordés par la conséquence de leurs actes. À mon sens on n’ébauche pas une théorie mais un dessein. Les théories sont des postulats sur lesquels par contre on se base pour ses propres desseins. Tu vais décidé d’être impartial, c’était ta théorie mais ton dessein était d’attirer l’attention sur l’affaire Mayetic et tu ne pouvais pas le faire en restant totalement impartial. Tu n’as pas trahi ta théorie puisque globalement, à la synthèse de tes billets, tu n’as pas sauté au cou du député. Mais dans la pratique tu as joué quelque peu de la provocation pour attirer l’attention de la blogosphère (que je n’aime pas ce mot…).

    Si tu étais un travailleur manuel je dirais que tu es un technicien, si tu étais journaliste un analyste et en tant que blogueur je te qualifierais volontiers de “remue-méninges”. Tu n’es pas un activiste, tu es actif. La nuance est d’importance puisqu’elle différencie ceux qui s’agitent en brassant de l’air de ceux qui brassent de l’information en agitant les autres.

    Là ou les blogueurs écrivent des lignes de code sans le savoir, le “Lindemann” les compile… Dans le premier cas c’est lisible, dans le deuxième c’est exploitable.

    José

    PS : je ne sais pas à l’avance si les balises HTML seront correctement interprétées, j’espère que tu voudras bien corriger si tel n’était pas le cas.

  12. 12 lionel

    ah non, je suis resté impartial : je n’ai jamais été convaincu du lien Aeschlimann -> faillite et j’ai veillé à ne pas être en contact avec les parties pour m’éviter tout risque d’empathie. on me l’a beaucoup reproché, ce manque d’empathie. mais pour moi, c’était ma garantie antidérapage.

    en revanche j’estime que seule la justice peut permettre de trancher la question des RG et de l’AFP, et il était inacceptable que ces accusations, soutenues en partie par deux journalistes et un dossier important, restent sans réponse. la seule différence par rapport à ma position initiale c’est que le député a fait savoir qu’il acceptait de répondre, sur le plan juridique.

    à vrai dire, rien ne permet de savoir s’il ne l’aurait pas fait de toute façon. comme il n’avait pas l’air de le vouloir, j’ai fait du bruit.

    ce qui prouve mon impartialité, c’est que j’étais conscient que cette affaire apparaissait au moment où devait être rendu l’appel dans le procès de diffamation en cours. on pouvait se demander si l’appel à la blogosphère n’était pas un moyen de peser sur cette décision. je note que sur ce point, à ma connaissance, il a fallu attendre les précisions de la mairie pour savoir que la décision était retardée. on ne peut pas faire ces raisonnements, noter ces choses, si l’on est anti-aeschlimann. mais on ne peut pas faire ce que j’ai fait si l’on est pro-aeschlimann. je n’étais donc ni l’un, ni l’autre.

    à mon avis, l’un des plus grands problèmes du journalisme depuis l’affaire du Watergate, c’est de vouloir se payer des puissants. on part à la chasse et on ramène du gibier. l’information est donc orientée. la totale neutralité et l’objectivité sont naturellement impossibles, de là à envisager l’information comme un combat… par réaction, les politiques se sont mis à l’orienter dans l’autre sens. aeschlimann, s’il est bien le spin doctor de sarko, symbolise cette réaction. on oriente les faits dans le sens qui nous arrange, puisque les autres font de même. ce petit jeu a maintenant un nouveau participant, les blogueurs. à mon avis, ça change tout et pour le mieux.

    donc non, ma seule partialité, c’était l’Etat de droit. un autre commentateur, ici, considère qu’il est mort. ce n’est pas encore mon opinion. dans un Etat de droit, les députés ne sont pas au-dessus des lois et doivent répondre d’accusations graves et sérieuses. les non-députés ne sont pas suivis lorsqu’il veulent hâter le cours de la justice, car c’est la porte ouverte à toutes les manipulations. apparemment, c’est ce qui est en train de se passer.

    la lenteur de la justice est dramatique, j’en suis bien d’accord. mais c’est un autre problème qu’on ne réglera pas sur un cas spécifique.

  13. 13 José@La e-Cité

    Lionel,

    Lorsque j’ai employé le terme impartial j’aurais du être plus clair dans ton cas. Il aurait en effet mieux valu que j’emploie “neutre”. Je l’entendais dans ce cas bien précis dans le sens où, à partir du moment où tu as décidé d’intervenir et même si ce fut impartial, tu n’es pas resté neutre, c’est à dire silencieux.

  14. 14 lionel

    ah ok, un peu lâche quoi ;-) ouais, en général c’est plus prudent. mais je suis resté un peu idéaliste là-dessus, et je ne pense pas que ça changera :-)

  15. 15 gaëlle

    Lionel, votre note m’amène à la question suivante :
    Le fait qu’un blog soit ouvert à commentaires ne conduit-il pas au « risque » que la nature initiale du blog soit quelque peu changée ?
    Je m’explique. Vous dites avoir ouvert votre blog pour conduire des réflexions personnelles. Vous constatez aujourd’hui avec l’affaire Mayetic que vous avez été « détourné ». L’auriez-vous fait sans le commentaire de Laurent vous demandant « d’aider… » ?
    Attention, je ne juge pas, c’est un simple questionnement que votre note m’a conduit à faire.
    D’ ailleurs, je pourrais aussi vous parler de mon expérience personnelle à ce sujet. J’avais ouvert mon blog dans l’esprit d’écrire des poésies orientées sur la nature, sur mon jardin. Bon, J’ai du vite déchanter, José m’ayant sermonnée sur le fait que de mettre des photos en ligne avec chaque texte allait lui « bouffer » son espace lol.
    Alors je me suis dit que j’allais aborder tous les genres de sujets. Et je dois avouer aussi que certains commentaires ou l’actualité orientent de manière évidente mes prochaines notes à venir.
    Donc pour conclure : on ouvre un blog pour soi au départ, mais au fur et à mesure qu’il vit nous appartient-il encore ?
    On peut dire oui car on dirige toujours le débat en publiant ses notes mais on peut aussi en douter car nous sommes quand même influencés par les réactions et commentaires. Non ?
    Et puis c’est surtout un outil de communication. On peut poser ses réflexions sur un simple traitement de texte. Mais où le blog est un outil intéressant, c’est justement qu’il permet l’échange.
    Bon, je ne sais pas si c’est très clair ;-) ( mais j’aurais au moins essayé).

  16. 16 lionel

    c josé qui m’avait détourné de ma posture contemplative dans un mail. j’avais réfléchi pendant deux jours pour déterminer comment m’y prendre, et laurent est arrivé comme un cheveu sur la soupe à me faire des reproches stupides qui menaçaient de tout faire dérailler (laurent, si tu nous regardes ;-)). euh je précise que quand je dis qu’un truc est stupide, ce n’est pas une attaque personnelle. moi aussi je fais et dis plein de trucs stupides, sans que mon amour-propre en soit le moins du monde affecté ;-)

    mais effectivement les commentaires sont cruciaux. je pense que c’est même ce qui motive à continuer, et peut rendre le blog durabement intéressant, sinon on tourne en rond.

    ce que j’ai toujours détesté dans la presse, c’est que quand on lance un magazine, les premiers numéros sont passionnants, et puis ensuite ça tourne un peu en rond, chaque rédacteur tente d’imposer ses idées fixes et son petit monde fermé. s’ensuit le copinage et des luttes de pouvoir. les seules bouffées d’oxygène peuvent provenir du “terrain”, mais les décisionnaires ne sont pas sur le terrain, et les équations économiques limitent la plongée des journalistes en milieu “hostile”. on peut certes lire tout le courrier des lecteurs, mais c’est biaisé. n’écrivent en général que les mécontents etc.

    c ce qui rend les blogs si frais. un peu une boucle d’autocorrection, pour piquer une expression de laurent.

  17. 17 lionel

    donc l’effet est plus profond. ca nous change nous-même.

  18. 18 lionel

    sinon, c plus qu’un traitement de texte, même si on ferme les commentaires. les fonctions de recherche en local ne sont toujours pas très au point. le fait de publier permet de profiter de la qualité des moteurs de recherche en ligne, par exemple.

    c a dire qu’il y a une valeur ajoutée induite par la publication, pas seulement à cause des commentaires.

    en gros jusqu’ici publier etait un coût. c maintenant un enrichissement.

  19. 19 gaëlle

    D’accord avec vous sur la notion d’enrichissement ;-)
    Quant à la posture comtemplative évoquée, je sais quoi en penser. Vous faites du yoga à vos heures ?

  20. 20 ~laurent

    Je pense que Gaëlle aborde un sujet intéressant. Un blog permet une sorte “d’éveil” il me semble.
    En laissant ouvert les commentaires, tu ne peux éviter d’être emporté par le courant, tu te synchronise sur les “vents” du moments.

    Le temps à l’engagement, et tu aura beau dire et faire, tu ne pourra l’éviter … bien venu à bord cap’taine ;-)

  21. 21 ~laurent

    … bien venu à bord cap’taine … l’amérique 2.0 n’est pas loin … juste à quelques cliques de souris :D

  22. 22 Miguel Membrado

    Lionel, ce que tu écris nous concernant, “la demande de court-circuiter la justice des anciens dirigeants de Mayetic”, est faux. Nous n’avons jamais demandé à ce que la justice soit court-cicuitée. Au contraire, Bruno de Beauregard le premier a utilisé la justice déjà par 2 fois (sans compter les autres intervenants dans cette affaire), et à ce jour ils ont tous gagné. Il l’explique très bien dans son billet, billet sur lequel tu as fait toi aussi le lien.

    La seule chose que dit Bruno (et je le soutiens pleinement dans cette action), c’est que devant la justice et devant ces gens-là, nous ne sommes pas à égalité (moyens financiers nécessaires, facteur temps, moyens médiatiques, censures, etc…), et qu’il est nécessaire pour des gens comme nous, de simples citoyens, de pouvoir utiliser d’autres moyens que la justice pour faire connaître notre histoire et pouvoir nous exprimer librement. Et la blogosphère l’a démontré en jouant un rôle extraordinaire en permettant cette libre expression et son relai.

    Pour terminer, la pétition que nous avons proposé à la signature ne demande pas que la justice soit faite dans notre affaire, mais que de telles pratiques cessent dans notre pays afin qu’un citoyen puisse activement participer à la vie associative de sa ville sans être inquiété dans sa vie professionnelle et sociale.

  23. 23 lionel

    miguel : j’ai mis dès le départ un lien vers votre position afin que le lecteur se fasse sa propre opinion. vous retrouvez le même procédé dans cette note, où je signale en gras la position de Bruno.

    de mon point de vue, votre pétition et, dans une moindre mesure, le “oui, mais”, considère le député coupable. c’est votre position, tout à fait légitime, mais ce ne sont pas des faits sanctionnés par la justice.

    Dans votre pétition, vous écrivez :

    “Un élu de la république a-t-il le droit de susciter une note des RG, de manipuler et censurer des médias, le tout conduisant au licenciement de 23 personnes et mettant en péril le travail de dizaines de milliers d’autres, et cela pour abattre l’opposition associative dans sa ville ?

    Nous demandons aux autorités compétentes qu’il soit mis un terme à de tels abus (…)”

    Aucune enquête et aucune décision de justice n’établit ce qui précède. D’après le communiqué de la mairie, le député vous attaque en diffamation sur le sujet.

    Tant que la justice n’a pas tranché, présenter la chose comme des faits établis, c’est, de mon point de vue, vouloir court-circuiter la justice. Je comprends que ça ne vous plaise pas comme formulation, mais elle n’est pas inexacte.

    Ceci dit, votre position éclairera un peu plus le lecteur, je vais donc rajouter un lien vers votre commentaire.

  24. 24 lionel

    je vous renvoie à cette note et à la discussion qui s’ensuit avec josé. je comprends qu’il vous soit difficile d’adopter le point de vue de sirius, comme je le fais, alors que vous venez de perdre 10 ans de travail, mais cette pétition, telle qu’elle est rédigée, me semble une erreur depuis le départ, fait craindre une manipulation de votre part et enlise actuellement votre action. j’aurais bien volontiers signé une pétition au Premier ministre demandant une enquête, mais pas ça, et encore moins depuis que le député a réagi.

  25. 25 Bruno de Beauregard

    Lionel, pour lancer une enquête, il n’est pas nécessaire de lancer une pétition.

    Il suffit en effet pour cela de porter plainte, chose que nous avons faite contre Le Monde et contre France 3, avant même la pétition.

    Quant à la soi-disant plainte du député-maire contre nous, nous sommes toujours sans aucune nouvelle d’elle. Elle serait d’ailleurs la bienvenue puisqu’elle déclencherait une enquête supplémentaire, or à ce petit jeu nous n’avons rien à craindre.

    Donc, nous n’avons pas proposé cette pétition pour nous substituer à la justice, mais pour attirer les regards sur une dérive non pas sectaire, mais anti-républicaine, anti-état de droit.

    Or là, cela ne concerne pas que les anciens actionnaires, collaborateurs ou clients, mais tous ceux qui sont attachés à leur statut de citoyen.

    Si les citoyens que nous sommes ne se bougent pas quand pareilles évidences sont sous leurs yeux, sous prétexte que ce n’est pas leur problème mais celui de la justice, et bien peut être sous-traitent ils leur citoyenneté …

    Pour rappel, depuis le début où nous nous sommes adressés à la blogosphère, nous n’avons rien fait pour Mayetic. Ce n’était pas notre objectif puisque cette société n’existait plus et que nous avions déjà sécurisé la clientèle par une bonne reprise des actifs.

    Nous avons tenté de médiatiser notre histoire à des fins pédagogiques, pour que les personnes qui le souhaitent puissent en comprendre les tenants et les aboutissants.

    Peut être un citoyen averti en vaut-il deux ?

  26. 26 Christian

    Attendez, je ne comprends plus là , Aeschlimann a –t-il attaqué OUI ou NON les co-fondateurs de Mayetic en diffamation ? comme le dit Lionel ici.
    Sinon ne serait-ce pas encore une manœuvre d’intimidation. Je viens de tomber à ce sujet sur quelques liens qui m’ont particulièrement interpellé : « AESCHLIMANN – SARKOZY : La banalisation de la malhonnêteté ? ». Et ici http://aeschlimanie.free.fr/ , suite de la patrouille citoyenne…

  27. 27 lionel

    il n’y a aucun sous-traitement, un simple et profond respect de l’Etat de droit. votre dossier était suffisamment sérieux pour demander des comptes au député, ce que nous avons fait. mais il contient des trous qui moi ne me convainquent pas (depuis le départ) tant que la justice n’est pas passée derrière pour vérifier. seule la justice peut trancher les deux points fondamentaux : le député utilise-t-il les RG ? le député censure-t-il l’AFP ? naturellement si son attaque en diffamation n’est qu’un simple effet d’annonces, il aura de mes nouvelles.

    j’ai aussi noté que la mairie estime que dans l’affaire de votre association, qui est actuellement en appel, elle invoque de nouveaux éléments qui n’étaient pas connus en 2003. la question des vraies-fausses notes des RG sera donc peut-être tranchée rapidement.

    ce que vous dites de vos motivations derrière la pétition n’est juste pas ce qu’il y a dedans. vous dites n’avoir rien fait pour mayetic, mais votre pétition s’intitule “justice pour mayetic”, par exemple. sans doute fallait-il, comme cela se fait sur la net, d’abord la mettre en proposition et attendre les commentaires pour l’affiner. vous noterez que c’est très exactement ainsi que j’ai procédé dans toutes mes interventions sur le sujet.

    après chacun se fait sa propre opinion sur les méthodes et l’éthique qui entourent ce député. mais arguer d’un contexte pour conclure avant la justice sur des faits spécifiques, pour moi c’est non.

  28. 28 lionel

    christian : c’est ce qu’indique le communiqué de la mairie. maintenant s’il ne le fait pas, ça ne va pas se passer comme dans les mass-médias où la mémoire est à peu près celle d’un poisson rouge, 7 secondes…

    [sinon, juste pour info, je ne prémodère pas les commentaires. par contre, s'il y a plus de deux liens dedans, ils sont bloqués jusqu'à ce que je les valide car il peut s'agir de spam]

  29. 29 Bruno de Beauregard

    Lionel : si les RG et/ou la DST revendiquent un jour la paternité des deux notes RG que j’ai lues (sur papier à entête RG mais non signées), croyez moi, cela voudra dire que la France est vraiment en danger.

    En effet, cela attestera que nos services de renseignements sont d’une nullité sans nom car elles sont truffées d’erreurs qu’un amateur aurait évitées.

    En outre, comme elles distillent exactement la même thèse que celle de la mairie d’Asnières depuis l’automne 2003, cela reviendra à dire que ces deux services de renseignement n’ont aucune valeur ajoutée par rapport a la mairie d’Asnières, qui de ce fait pourra elle-même être considérée comme un service de renseignement de premier plan, ce qui posera un nouveau problème de démocratie encore …

    En outre, un journaliste m’a relu hier la partie concernant Mayetic. Or, Le Monde et France 3 ont écrit et dit des choses à propos de Mayetic qui vont largement au delà des informations contenues dans ces notes !

    Par exemple, il n’est pas dit dans ces notes que Mayetic à infiltré l’OTAN etc. ou que la DST se pose des questions métaphysiques sur l’opportunité de laisser Mayetic travailler pour des agences gouvernementales.

    Il est juste dit que l’OTAN etc. sont des clients.

    Mais alors, qu’est-ce qui a donc ainsi pu faire glisser Le Monde et France 3 ? Qui aurait pu leur bourrer le mou à ce point ?

    Certainement pas les RG et/ou la DST, car comment auraient-ils pu alors convaincre ces deux médias d’écrirent plus qu’eux-mêmes sans les exposer de fait à un concert de plaintes pour diffamation ?

    Donc, quelqu’un d’autre …

    Mais qui aurait donc pu avoir intérêt à cela ? Se pourrait-il que ce soit quelqu’un qui n’aurait de cesse de me me diaboliser depuis 2002 ?

  30. 30 lionel

    bruno : vous êtes dans les hypothèses et les supputations, pas dans les faits. moi je veux le témoignage des journalistes, témoignage des rédacteurs des notes, enquête sur la production de ces notes, enquête sur l’absence d’enquête derrière la production de ces notes, les explications du député. et ainsi de suite. cela est du ressort de la justice, pas du citoyen blogueur derrière son ordi qui a une vie par ailleurs.

    le citoyen blogueur en revanche suit le tout de près et vérifie avec attention si on tente de le mener en bateau. ici, le traitement est identique pour vous et pour le député. cette impartialité est à votre avantage si votre thèse est la bonne.

  1. 1 Laurent Bervas
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