MAJ 7/7/08 Bruno de Beauregard (fondateur Mayetic) condamné pour diffamation envers Manuel Aeschlimann
MAJ 8/2/06 : le député-maire d’Asnières Manuel Aeschlimann attaque les cofondateurs de Mayetic en diffamation
Référence : L’État de droit et les blogueurs face la manipulation
Dans l’affaire Mayetic/Aeschlimann, je m’aperçois qu’une chose qui m’apparaît évidente est en réalité mal perçue. Cela me vaut des reproches d’insensibilité, voire de lâcheté.
Si on lit un peu ce que j’ai pu écrire avant que cette affaire ne soit portée à ma connaissance, on retiendra notamment que j’estime que l’activiste est désormais en situation de pouvoir prendre le dessus sur les autres formes de pouvoirs, en particulier le pouvoir étatique centralisé. Si j’étais un activiste avec ma petite cause que je défends sans succès depuis 30 ans, je serais dans un état de jubilation avancée. Mais je ne suis pas activiste, j’ai toujours été dirigeant, dans le domaine économique. A mes yeux, le rôle des activistes est de mettre en évidence les problèmes, et le rôle des dirigeants est de trouver les voies pour les résoudre. Est-ce que ça fonctionne parfaitement ? Non. Mais c’est pour l’instant ce qu’on a trouvé de mieux : nos démocraties sont relativement stables.
Un monde où l’activiste gagne aboutirait au désastre si celui-ci ne mute pas. La contestation et la dénonciation ne mènent à rien, ou à la destruction, s’ils ne sont pas suivis d’une construction. L’activiste doit donc devenir, en même temps, révolté et raisonnable. J’imagine que la plupart des dirigeants considèrent que c’est impossible, et sont d’avis de limiter les libertés pour l’éviter. Je ne partage pas cet avis. Si l’on regarde de près, d’ailleurs, la plupart des dirigeants européens sont d’anciens activistes. Même Jacques Chirac vendait l’Humanité, dans sa jeunesse. Cela lui a d’ailleurs permis de se rendre utile en mai 68 lorsqu’il a fallu trouver un compromis pour apaiser la situation. La perspective est exaltante si nous parvenons à bon port : nous serons tous, tour à tour, en fonction des sujets et de nos sensibilités, dirigeants et activistes.
Pour en revenir à l’affaire, le risque est l’emballement. Que le député soit accusé de tout et n’importe quoi. Et ça a déjà commencé. Il sera alors aisé de dire : « tout cela est abracadabrantesque, décidemment ces blogueurs sont encore plus irresponsables que la presse. ». Pour l’éviter, il faut que quelqu’un s’assure qu’il n’y a pas manipulation, qui dénonce tout ce qui relève de l’amalgame, de la simplification, de l’esprit de complot ou simplement de l’erreur, et qui remette constamment en doute la version présentée par les anciens dirigeants de Mayetic. Ce qui survivra à toutes ces objections sera crédible. Et procéder autrement, prendre fait et cause pour les uns ou pour les autres, c’est justement sauter à pieds joints dans une manipulation, si elle existe. Je comprends parfaitement que ceux qui s’intéressent à l’affaire de près en ressortent scandalisés. Mais tant que le député ne le fait pas lui-même, il faudra quelqu’un pour questionner tout ce qui est avancé.
Enfin, je ne suis pas juge, et je ne suis pas juriste. Il ne m’appartient pas de trancher. En revanche, il est de ma responsabilité de citoyen de m’assurer que l’Etat de droit fonctionne et garantisse nos droits fondamentaux. Or, sur ce point, les éléments fournis amènent très sérieusement à en douter. La seule solution est qu’une enquête impartiale soit menée. Je compte bien faire en sorte d’y aboutir. Et je fais observer que plus cette enquête tarde, plus mes appels à la raison et à la responsabilité seront vains, et plus l’affaire deviendra instable. Merci de voir à guerre froide, stratégie du faible au fort (trivialement stratégie du fou ou « retenez-moi ou je fais un malheur »). Ca ne doit pas être bien difficile à trouver puisqu’elle vient d’être révisée.
Je vous engage à regarder cette remarquable émission consacrée à la conquête du pouvoir et notamment au nouveau livre d’Edouard Balladur sur Machiavel. Comme l’indique Balladur, celui qui perd est effectivement celui qui n’est pas pret à tout. La limite de la mort physique est semble-t-il acquise. L’affaire Mayetic pose en vérité la limite de la mort politique. Dans les démocraties avancées, cette mort intervient à la suite d’une défaite électorale. C’est sans doute ainsi qu’il faut interprêter le geste de Lionel Jospin abandonnant la vie politique. Comme en France la politique est une carrière à vie, la mise à mort doit emprunter d’autres voies. Trahisons et manipulations, notamment. Il est temps que chacun s’interroge sur les dégats collateraux de ces combats. La société civile a désormais les moyens de réagir et ne s’en privera pas.
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Lionel,
C’est justement parce que tu adoptes généralement cette attitude par défaut que l’on a besoin de toi.
José
Merci Lionel…Votre approche différente est très importante, et, enlevé le côté “sentiment” ou “perception”, votre approche est exemplaire et je crois aussi: complémentaire.
Sincèrement.
Ton analyse est intéressante.
Mais ce qui l’est davantage, c’est que tu te préoccupes d’équilibrer les choses et d’analyser avec pertinence les problèmes.
En outre, tu opposes à juste titre les activistes et les dirigeants et je te suis parfaitement la dessus. La solution n’est pas l’une ou l’autre voix, selon moi, mais l’équilibre entre les deux.