MAJ 7/7/08 Bruno de Beauregard (fondateur Mayetic) condamné pour diffamation envers Manuel Aeschlimann
MAJ 8/2/06 : le député-maire d’Asnières Manuel Aeschlimann attaque les cofondateurs de Mayetic en diffamation
Référence : L’État de droit et les blogueurs face la manipulation
L’ancien fondateur et président de Mayetic me signale dans son commentaire l’existence d’une pétition à l’attention du Premier ministre.
Je comprends parfaitement la souffrance des deux fondateurs, mais j’observe que cette pétition ne fait pas grand cas de la présomption d’innocence du député. L’Etat de droit concerne aussi les députés, qui sont innocents jusqu’à preuve du contraire.
Si nous nous laissons aller à nos sentiments (on ne peut pas écouter Bruno de Beauregard dans cet entretien sans beaucoup de compassion) nous empruntons une pente dangereuse qui risque d’amener les blogs aux mêmes errements qu’une certaine presse, qui se livre régulièrement à des lynchages sans s’embarrasser de détails. C’est d’ailleurs ce qui est arrivé à Mayetic. Alors pourquoi faire exactement de même avec le député ?
Pour l’instant un député est gravement et publiquement mis en cause (utilisation des services du ministère de l’intérieur à son profit et censure de l’AFP). Cette accusation a été reprise par des blogs influents. Il est donc certain que la presse est au courant et que le député est également prévenu. Il se doit donc de réagir. Une pétition demandant des explications et une enquête se justifie. Pas une pétition qui tient les accusations pour acquises.
Certains députés et même le chef de l’Etat se sont retranchés derrière leur rôle institutionnel pour ne pas répondre aux accusations portées contre eux. Le député suivra peut-être cet exemple, qui n’est pas pour rien dans la piètre image de nos “élites”, justement (1). Ce n’est qu’alors que des pétitions accusatrices se justifieront.
On m’objectera qu’il faut battre le fer tant qu’il est chaud. Mais justement non, contrairement à la presse, le net a beaucoup de mémoire. Une action sur la durée est parfaitement envisageable. Tant que M. Aeschlimann ne se sera pas expliqué, il se trouvera toujours des liens vers cette affaire et donc quelqu’un pour lui demander des explications. Le silence, puis l’oubli, n’est décidément plus la bonne solution.
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(1) Si l’on en croit ses mémorialistes, François Mitterand considérait d’ailleurs que la plus grave erreur politique de son second septennat était la loi “d’auto-amnistie”.
Tags > Mayetic, Aeschlimann, Beauregard, Politique, France, Asnières
















Lionel,
Je comprends ta position et ta réserve. Cependant je peux t’assurer avoir épluché toutes les informations qui m’étaient accessibles sur la toile et je t’assure que l’on peut se forger une opinion. Nous ne sommes pas des journalistes, nous ne sommes pas des élus et nous ne sommes tenus qu’aux limites légales dans notre expression. La présomption d’innocence est une règle judiciaire qui n’a pas lieu lorsque nous exprimons nos opinions. Lorsque l’on s’exprime, ce n’est pas la même chose d’écrire que l’on accrédite une thèse, que l’on croit que, ou écrire “qu’il est”. Le citoyen n’a pas être soumis à un quelconque devoir de réserve et cela, ça s’appelle la liberté d’expression. La présomption d’innocence, qu’est-ce et qui y est tenu ? La présomption d’innocence c’est tout simplement de ne pas agir envers un prévenu comme s’il était coupable. La présomption d’innocence c’est de ne pas punir quelqu’un qui n’a pas été reconnu coupable par la justice mais Manuel Aeschlimann l’a déjà été même si c’est suspendu. La présomption d’innocence ce n’est pas se retenir d’exprimer son opinion sinon notre expression deviendra très vite comme celle des media traditionnels : insipide et déconnectée des réalités, consensuelle molle. Ce n’est pas de l’activisme, c’est de l’intégrité.
Il s’avère que les membres de la municipalité ont déjà été condamnés à de maintes reprises pour diffamation. Il s’avère que Manuel Aeschlimann est sous le coup de cette condamnation. Il a fait appel de cette décision et cet appel est suspensif. Suspensif veut dire qu’on suspend l’exécution de la peine en l’attente d’un arrêt de la cour mais absolument pas que la condamnation est invalide. Bien qu’elle les révise parfois il est très rare, proportionnellement, que la cour d’appel annule une première condamnation. Heureusement d’ailleurs parce que sinon cela voudrait dire que notre système judiciaire juge généralement mal en première instance. Mais, même sans ces considérations, un appel n’est suspensif que judiciairement. Il ne suspend d’aucune façon notre droit de simple citoyen de s’exprimer. Les personnes qui doutent de la culpabilité de Manuel Aeschlimann sont libres de ne pas apposer leur signature à cette pétition. Toutefois la demande de Miguel Membrado et de Bruno de Beauregard, en conclusion, est bien plus importante que le simple cas Aeschlimann.
Cette demande c’est que l’on puisse disposer de notre entière liberté dans notre vie associative, voire politique, sans que cela ne soit un moyen de pression dans notre vie professionnelle. Et cela, cette demande là, est parfaitement légitime au regard de l’histoire de Bruno de Beauregard. Je me souviens il y a peu avoir vécu une histoire un peu similaire, c’est ici. C’est parce que c’est interminable comme procédure et qu’il fallait porter plainte au pénal, que je ne voulais pas nuire à la personne elle-même que je ne l’ai pas fait. Si j’avais pu déposer plainte contre l’entreprise, je te garantis que je l’aurais fait.
Et s’il est intolérable de laisser se poursuivre ce genre d’agissements lorsqu’il s’agit de discrimination à l’embauche de la part d’une entreprise, il me semble aussi intolérable que l’on se serve d’une entreprise pour nuire à un individu. Encore une fois, il est bel et bien incontestable que l’entreprise Mayetic n’avait rien à voir avec les problèmes municipaux d’Asnières alors pourquoi l’y impliquer ? Ce sont ces comportements là qu’il nous faut éradiquer. Le jugement en appel n’y apportera rien si ce n’est, éventuellement, la confirmation de la volonté de nuisance du député-maire mais les limites ont déjà été largement dépassées. Mayetic n’avait rien du paravent d’une secte et n’a jamais tenté d’infiltrer qui que ce soit mais ça, Manuel Aeschlimann n’a jamais attendu une quelconque confirmation judiciaire pour en faire courir le bruit. Pourquoi lui serait-il accordé ce qu’il n’accorde pas aux autres ? A-t-il considéré que Mayetic était présumée innocente des accusations qu’il a lancées ?
josé :
1) la liberté d’expression en France est soumise à diverses limites. je ne peux pas, même en temps que “simple” citoyen, accuser qui que ce soit sans preuve. les blogueurs sont-ils soumis au droit de la presse ? probablement, mais il n’y a pas de jurisprudence solide sur le sujet. la comparution prochaine de monputeaux.com permettra déjà de fixer un certain nombre de choses dans ce domaine. suis-je opposé à ces entraves à la liberté d’expression ? naturellement, mais c’est me semble-t-il un autre sujet.
2) je regrette une nouvelle fois, il n’y a pas de preuve que le député a mêlé Mayetic à l’affaire. vous avez divers soupçons, ça vous semble évident, et ça colle à l’image que vous avez du type. mais dans un état de droit, il convient de l’établir avec des preuves. trouver le mec des RG qui a rédigé la note. fouiller l’ordi d’Aeschliman et trouver un brouillon de la note. interroger sa secrétaire. cela ce sont des preuves tangibles d’une manipulation. pour l’instant vous avez le mobile, mais vous n’avez pas l’arme du crime. et c’est tout le problème. c’est très insatisfaisant, ça risque de laisser des coupables en liberté, mais si on ne procède pas ainsi, on va jeter des gens à la vindicte publique sur la foi d’accusations.
jusqu’à nouvel ordre ce qui est établi c’est que c’est Gérard Davet du journal Le Monde qui a mêlé Mayetic à l’affaire. nous avons une preuve matérielle de la chose. dans les pays anglo-saxons qu’on critique si souvent ici, les journaux ont de l’argent et donc les sanctions en cas de diffamation sont énormes. Le Monde est au bord de la faillite depuis que j’entends parler de ce journal. donc forcément les amendes sont faibles. et sans doute le soin apporté aux enquêtes s’en ressent-il.
c’est le journal Le Monde qui a lésé Mayetic. c’est au journal de payer les dommages causés. si maintenant Le Monde s’est fait manipuler par un député, c’est au journal de se retourner contre lui. voilà pour ce qui est de Mayetic.
en ce qui concerne le dysfonctionnement supposé de notre démocratie, qui est ce qui donne son importance à cette affaire à mes yeux, deux journalistes affirment que c’est le député qui est à l’origine de la note qui a conduit à cette “information”. mais ils se contredisent en partie. ce qui est intéressant c’est que le député ne les a pas attaqués. plus cette absence de réaction perdure, plus le député donne du crédit aux accusations portées contre lui.
on est donc bien dans la phase où il est légitime de demander qu’une enquête soit menée. mais on ne peut pas demander une enquête dont on préjuge du résultat. or la pétition ne demande pas une enquête mais elle demande que des agissements dont on ne fournit pas la preuve cessent !
le net est un formidable outil démocratique. mais pas si on l’utilise n’importe comment. on ne peut pas, surtout quand on pointe des atteintes à l’état de droit, accuser les gens sans preuve. même si on est sûr que c’est vrai.
Lionel,
Tu ne parles que de la presse alors que ce n’est pas mon cas. Je ne me suis jamais posé la question de ma liberté d’expression en d’autres termes que celle de simple citoyen. Ma déontologie, contrairement aux journalistes, n’est pas d’informer objectivement mais de m’exprimer librement. La nuance est fondamentale et les lecteurs ne me lisent pas parce qu’ils trouveront chez moi une information objective mais mes opinions. Que ma propre personne me conduise à vérifier mes sources ou à apporter de la modération à certains propos qui pourraient sembler durs à la relecture ne concerne que moi, mais la seule obligation à laquelle je sois tenu c’est la Loi. Les lois sur la presse s’appliquent déjà en partie sur les blogueurs puisqu’ils sont tenus responsables de la bonne tenue des propos qui ont cours sur leur espace. Il n’y a pas de différence fondamentale entre la toile et le papier. Un journaliste fait de l’information, un billetiste de l’émotion. Dans la presse papier il y aussi des chroniqueurs, des éditorialistes et ils ne font pas dans ces colonnes de l’information mais expriment leurs points de vue. Pour être journaliste il faut tirer une partie substantielle de ses revenus des informations que l’on fournit et ce n’est pas mon cas. Pour moi, le fond du débat ne réside donc pas dans l’article du Monde mais dans le fait de savoir s’il est légitime pour un député de se servir de toutes les turpitudes possibles et des moyens que lui fournit son statut pour déstabiliser un opposant, fut-il associatif. Et ça, ce n’est pas une conviction mais déjà prouvé et jugé. Il suffit de se renseigner sur l’histoire politique d’Asnières de ces dernières années pour le savoir. Manuel Aeschlimann et sa municipalité ont déjà été condamnés pour diffamation en ayant accusé une fondation d’utilité publique d’être une secte ici puis une association dont certains membres étaient indirectement liés à cette fondation d’être le paravent de cette même secte imaginaire là. Et la liste des condamnations des membres de la municipalité est impressionnante, il suffit d’aller la lire. Tout cela sont des faits judiciaires, ce sont des réalités et non des allégations ou des suppositions.
Miguel Membrado et Bruno de Beauregard estiment que la mise en cause publique de leur entreprise au moment où elle en avait le moins besoin a conduit à sa liquidation. C’est leur sentiment et je ne suis pas loin d’en être aussi sûr qu’eux mais je répète que ce n’est pas là le fond du débat. Le fond du débat c’est de savoir si l’on peut laisser des multi-condamnés et multi-déboutés diffamer une entreprise pour des règlements de compte municipaux et politiques. Que le Monde ait repris en le citant Aeschlimann n’empêche pas la source. Il n’a jamais démenti. Que le Monde (son journaliste avait déjà lui aussi été condamné envers un magistrat, hein ?) ait refusé le droit de réponse de Bruno de Beauregard est encore un autre problème et encore un supplémentaire est celui de la note des RG. Mais on en revient toujours au fait que Manuel Aeschlimann et sa municipalité ont déjà été condamnés auparavant pour des diffamations similaires envers les mêmes acteurs. Tout le reste en découle. Je ne suis pas certain, d’ailleurs que s’il avait à payer lui-même tous ces procès il serait aussi enclin à de tels comportements. Nous ne sommes donc pas très loin de l’abus de pouvoir. Ce ne sont pas, comme tu vois, que des suppositions. Ce genre de comportement est à éradiquer et que l’on prouve ou pas que la note des RG soit fausse ne changera pas la donne.
Manuel Aeschlimann et son équipe sont des diffamateurs prêts à tous les retournements de veste et à toutes les insinuations pour éliminer les oppositions. Et ça ce ne sont pas des supputations, ce sont des faits qui ont été judiciairement condamnés.
Leur dernier dégat collatéral a probablement été l’entreprise Mayetic et si l’on laisse faire on est en droit de se poser la question de savoir qui sera la prochaine. C’est intolérable. Maintenant, si après ça tu as objectivement envie d’aller installer ta jeune entreprise à Asnières et d’y faire un peu d’associatif pour défendre ton quartier, libre à toi. Mais il vaudrait mieux dans ce cas-là que tu sois du même bord que le maire, et encore…
Nous ne devons plus tolérer ce genre de climat en France. Point barre. Le reste n’est que détournement de débat et élucubrations. Il n’y a aucune excuse, aucune circonstance expliquant cela. Et si nous continuons à ne rien faire nous en serons autant responsables que les coupables.
*[...] qui sera la prochaine victime.
PS : la tolérance zéro doit commencer par ceux qui détiennent les pouvoirs. Ce genre de personnages devrait être inéligible depuis longtemps.
la Loi cher José t’interdit d’accuser les gens sans preuve. et c’est précisément ce que je ferais si j’accusais le député d’être responsable du dépôt de bilan de Mayetic ou d’être à l’origine de la note des RG. ça n’a rien à voir avec le journalisme.
je comprends très bien que pour toi ce soit de la casuistique ou si tu préfères de l’enculage de mouche. sauf que c’est fondamental dans un état de droit et que si l’on condamne les gens sans preuve et sans qu’ils fassent valoir leur position, on pratique ce que l’on condamne. on ne combat pas le terrorisme en pratiquant soi-même le terrorisme. et on ne combat pas les gens qui foulent au pied l’état de droit en agissant comme eux.
j’ai relayé l’affaire, j’ai donné mon point de vue, j’ai fourni des liens vers d’autres points de vue. au vu de ce que j’ai lu, si j’habitais dans sa circonscription, je ne voterais certainement pas pour ce monsieur à la prochaine élection. mais le lien que vous faites reste à prouver. et faire comme s’il l’était n’est pas très malin, surtout avec un juriste. comme par hasard c’est la formation de ce député. j’ai le droit de le penser, et même de le dire.
et la loi est encore pire. en France on peut être condamné pour diffamation tout en disposant des preuves de ce que l’on avance. donc, non, vraiment tu fais erreur en pensant que la liberté d’expression est totale en France. c’est très loin d’être le cas. c’est un autre combat que le net va d’ailleurs probablement permettre de mener à bien.
> lionel
Je pense que tu es bien placé pour savoir que la justice est lente et parfois à coté de la plaque …
Comme t’as un peu de temps et que t’es sur Paris, t’as pas envie de donner un p’tit coup de main à un entrepreneur qu’a des soucis avec la justice (et accessoirement la presse). Moi perso si j’avais des prob. comme ça j’aimerai bien un p’tit coup de main
PS : bon p’tit dej
c’est quand même pas sympa de laisser José défendre tout seul les p’tit patron en détresse
~laurent : si tu parles des anciens dirigeants de mayetic, ils n’ont pas de souci avec la justice à ma connaissance. ils tentent de nous alerter sur les agissements d’un député. le moins que l’on puisse dire est que son équipe municipale cumule les condamnations en diffamation et qu’il a par contre tendance à perdre les procès en diffamation qu’il intente. on l’accuse maintenant carrément de dicter les notes des RG, de manipuler le journal Le Monde et de censurer l’AFP. la moindre des choses est d’attendre sa propre version des faits.
Lionel,
Merci de tes explications mais je t’assure, ne t’inquiète pas pour moi.
Je mets au défi quiconque de trouver quoi que ce soit dans mes écrits qui soient de la diffamation, si tu en as trouvé je te remercierais par avance de me les signaler. Que je fasse de la provocation, oui, que cette provocation soit injurieuse ou diffamatoire, non. Les évènements que je cite sont argumentés par des sources qui n’ont jamais été contestées par l’intéressé lui-même. D’ailleurs mon intime conviction n’est pas que Manuel Aeschlimann ait voulu expressément faire “couler” Mayetic mais que Mayetic n’est qu’un dégat collatéral de sa sombre pratique politique. Moi aussi je sais choisir les mouches que j’encu.. afin qu’elles ne puissent pas se plaindre de ma méthode d’en…age. D’autre part, Manuel Aeschlimann et sa municipalité disposent d’un droit de réponse automatique puisque les commentaires sont ouverts chez moi. Lorsque je les qualifie de diffamateurs je ne les insulte pas, je cite un ou même plusieurs décisions de justice.
La manipulation des notes des RG a été soulevée par Alain Hertoghe et il a publié le droit de réponse de Manuel Aeschlimann à ce sujet. Force est de constater qu’elle n’est pas bien probante puisqu’Alain Hertoghe maintient bel et bien sa version de l’histoire sur l’AFP et que cette version n’a encore fait l’objet d’aucune procédure. Toutefois, cette fameuse fausse-vraie note que personne ne semble avoir vue ne dirait pas que Manuel Aeschlimann soit impliqué dans la liquidation de Mayetic mais que les RG surveilleraient la fondation Ostad Elahi en tant que secte. C’est en affirmant que Bruno de Beauregard serait lié avec cette hypothétique secte que le tort a été fait. Et ça, Manuel Aeschlimann n’a jamais nié l’avoir dit. D’autre part, le droit de réponse de Bruno de Beauregard n’a pas été respecté à ce sujet et le journaliste en cause avait lui aussi déjà été reconnu diffamateur à l’encontre d’un magistrat. Ça fait quand même beaucoup de casserolles tout ça…
Mais pour conclure, oui, tu as donné ton point de vue sur cette affaire et je t’en remercie sincèrement parce qu’effectivement, après en avoir décortiqué les sources et l’historique, je l’ai prise à cœur. Comme tu vois, ce n’est pas parce que je ne sais pas ce que veut dire “entrepreneur” que je ne les soutiens pas lorsqu’il le faut.
Que dit la pétition ?
“Un élu de la république a-t-il le droit de susciter une note des RG, de manipuler et censurer des médias, le tout conduisant au licenciement de 23 personnes et mettant en péril le travail de dizaines de milliers d’autres, et cela pour abattre l’opposition associative dans sa ville ?
Nous demandons aux autorités compétentes qu’il soit mis un terme à de tels abus (…)”
or, jusqu’à preuve du contraire, le député n’a pas suscité de note et n’a pas manipulé et censuré des médias. ce sont ces preuves qui manquent.
que tu n’arrives pas à voir qu’il est extrêmement gênant d’accuser les gens sans preuve est très inquiétant. car c’est très exactement ce que le député a fait à Bruno de Beauregard, d’après la justice.
pourquoi diable faire ce que tu condamnes par ailleurs ?! parce que tu es petit, donc innocent, alors que le député est un grand puissant, donc méchant. les faibles peuvent donc utiliser les méthodes qu’ils reprochent aux forts sous prétexte qu’ils sont faibles ?! ça se défend, éventuellement. sauf que sur internet, tu es aussi fort, voire plus fort, que le député. ça donne des responsabilités.
qui a donné sa crédibilité et sa diffusion à la note des RG ? le journal le monde, pas le député. qui a rédigé la note ? jusqu’à preuve du contraire, les RG, pas le député. on ne peut pas tout mettre dans le même sac et faire un prix de gros. on ne condamne les gens que pour les actes qu’ils commettent, pas ceux qu’on suppose qu’ils ont commis puisqu’ils en ont commis d’autres. et si on se laisse aller à ça, on n’est plus dans un état de droit.
si en plus tu ne vois pas qu’il est nettement plus habile de citer les faits pour lequel ce député a déjà été condamné et d’attendre qu’il s’explique au lieu de charger la barque sans trop trier entre ce qui est établi et ce qui reste à prouver, c’est encore plus regrettable. c’est en étant précis et mesuré que l’on obtient des résultats.
toute cette affaire est choquante, et l’ensemble de ceux qui sont impliqués doivent s’en expliquer : le député, le journal, les RG. en revanche, interpeller le Premier ministre en affirmant que tel député manipule les médias, les RG et l’AFP, pour moi c’est une connerie. “tout ce qui est excessif est insignifiant”.
Lionel,
Sur ton dernier commentaire tu as entièrement raison.
Mais puisque ce qui t’interroge dans mon attitude c’est d’avoir signé cette pétition, je vais m’en expliquer.
Je suis, comme tu le relèves justement, le petit, celui qui n’a rien à perdre. J’en ai assez que l’on nous considère avec condescendance, j’en ai assez que les gens n’expriment pas ce qu’ils pensent franchement (ce n’est pas ton cas) et qu’ils conservent une réserve conditionnée par la peur de je ne sais quoi comme si on était en France dans une dictature, j’en ai assez de voir des gens qui ont acquis un “statut” en profiter pour en écraser d’autres, etc.
Alors j’interpelle. Si ce genre de pétition ne conduit (ce dont je doute cependant) qu’à faire en sorte que les autorités s’interrogent sur les comportements de tels personnages j’aurais déjà gagné quelque chose. Si leur réponse vient à dire qu’il n’y a pas eu de manipulation le résultat pour moi aura au moins été qu’il y a eu interrogation et enquête, enquête qui ne pourra éviter de rayonner sur les agissements périphériques. S’il s’avère que la pétition proposée est erronée et donc que je me sois trompé en la signant, elle ira tout simplement aux oubliettes et le seul souvenir qui en restera aura été que j’aurais demandé à ce que de tels agissements cessent. Or des agissements similaires ont bel et bien lieu et même si ce que la pétition dénonce spécifiquement ne s’avère pas fondé cela ne peut qu’attirer l’attention sur le reste.
En ce sens et par rapport à cette pétition précisément tu peux considérer effectivement qu’il s’agit de ma part d’un comportement activiste.
Toutefois, même s’il me plait de débattre avec toi ici parce que tes points de vue sont toujours intéressants, tu remarqueras que je ne t’ai jamais incité à la signer. Lorsque j’ai alerté sur l’affaire mayetic de façon privée je l’ai fait en ne donnant aucun élément autre que le nom de l’entreprise. C’est donc bel et bien avec le souci de recueillir les réactions les plus diverses, y compris neutres, que je l’ai fait et je ne regrette pas de l’avoir fait vis à vis de toi, bien au contraire.
Ton point de vue est que c’est une connerie et que c’est excessif d’affirmer que les RG et l’AFP ont été manipulés, pourtant ce ne serait pas la première fois, loin s’en faut. Tu as cependant le droit de le penser bien sûr. Tu te places par prudence sur la position de l’expectative négative alors que moi je me place dans l’inquisition de l’expectative opposée. Tu défends, en excellent avocat, le bénéfice du doute alors que moi j’instruis sur la suspicion. Je ne suis pas le seul à le faire puisqu’un journaliste, indépendant, le soupçonne aussi également sans s’être attiré de procédure quelconque pour l’instant.
Quelle que soit ton attitude, quelles qu’en soient tes conclusions, merci de ton point de vue et de ton débat. L’avenir et la justice nous renseigneront tous les deux sur ce qu’il conviendra d’être sûr.
juste que ce soit clair. je n’ai rien critiqué chez toi. j’ai juste expliqué ce qui me gênait dans cette pétition et pourquoi je ne l’avais pas signée (alors que j’étais parti pour le faire). je la signerai ultérieurement si le député ne sort pas de son mutisme, car son silence dans une affaire aussi grave est inacceptable.
Lionel,
Je sais bien Lionel que tu n’as rien critiqué chez moi mais que tu t’es interrogé sur l’à propos de la signature de cette pétition.
> josé
je pense que lionel s’améliore petit a petit et qu’effectivement il fera moins preuve de condescendence à l’avenir (on lui dit depuis tout petit qu’il est intelligent, faut comprendre ;P)
PS : je suis le mac de ma copine et me fais chier à tapper le “tilde” a chaque fois, c’est pour cela que j’ai pris le pseudo simplex (mais C bien moi :))
Lionel et José,
Tout d’abord, je vous remercie tous les deux de vous donner autant de mal pour notre affaire. Je trouve exemplaire votre souci d’argumenter sérieusement.
En ce qui concerne l’existence même des notes RG en question, soyez tout d’abord certains qu’elles existent bien. Je les ai lues toutes deux (photocopies), un journaliste ayant accepté de me les laisser lire.
L’une est datée du 07/09/2005 et l’autre 29/09/2005 et elles sont toutes deux mentionnées dans la dépêche de l’AFP du 21/10/2005 (18 :54 :52).
Elles ont été imprimées sur papier à entête de la Direction Centrale des Renseignement Généraux, l’une d’entre-elle comportait un tampon « confidentiel défense », le papier n’était pas filigrané et il n’y avait aucun signataire. ”
Bref, ce que dans les « milieux autorisés » on appelle des « notes blanches ».
En ce qui concerne la question de savoir si Manuel Aeschlimann est ou pas derrière les notes RG, voici quelques éléments que peut être vous n’aviez pas.
Le 06/09/2005, le tribunal rendait un jugement condamnant la mairie d’Asnières pour diffamation envers la Fondation Ostad Elahi, et selon le quotidien Libération, le tribunal rappelait qu’il « n’est pas rapporté que les RG et la Miviludes aient répertorié la fondation comme une authentique secte. Dés le lendemain du jugement, avec une réactivité qui force l’admiration, les RG rédigeaient une note […]. En contradiction totale avec le tribunal de Nanterre, ils donnaient crédit aux tentatives d’infiltration de la mairie d’Asnières. Manuel Aeschlimann étant un proche de Nicolas Sarkozy, tutelle des RG au ministère de l’Intérieur, on pourrait y voir un coup de pouce franchement téléphoné. »
Et, « Selon les informations de Carte de Presse, cette enquête nous apprend, sources de haut niveau à l’appui, que la communauté française du renseignement n’a mené en réalité aucune investigation sur ladite organisation Elahi. Plus étonnant encore : les auteurs de la note RG citée par Le Monde assurent que son inspirateur ne serait autre que … Manuel Aeschlimann lui-même. »
Encore surprenant, ces deux notes RG fourmillent d’erreurs factuelles. Leur grand nombre est à lui seul la preuve qu’aucune enquête sur le terrain n’a pu être menée par des fonctionnaires des RG ou de la DST. Ou alors, c’est que les RG et la DST sont de bien piètres agents de renseignement.
Enfin, chose caractéristique, les arguments employés dans ces notes RG ne sont pas différents des allégations diffamatoires que contenaient les tracts diffusés par la Mairie d’Asnières (et signés par M. Francis Delage, maire adjoint à la communication), ceux-là mêmes qui venaient d’être sanctionnés par la justice.
Le 21/10/2005, sur l’antenne d’Europe 1 on pouvait entendre « Sur le bureau de Manuel Aeschlimann, un gros dossier bleu. A l’intérieur, la liste de toutes les associations, de toutes les sociétés immobilières, le panorama complet des activités de la fondation Ostad Elahi. »
Plusieurs journalistes m’ont confirmé avoir été convoqués à la mairie d’Asnières pour prendre des mains du député-maire et de son directeur de cabinet le fameux dossier bleu, dans lequel se trouvait les deux notes RG.
Le rédacteur en chef de France 3 Ile de France m’en a même lu des extraits au téléphone et m’a dit “qu’elles trainaient sur les bureaux de toutes les rédactions de France”.
L’origine de ces deux notes blanches n’est donc qu’un secret de polichinelle. Les RG le savent très bien.
Maintenant, voyons ce que les « milieux autorisés » nous réservent à propos de ces deux notes : disparition des notes accompagnée du plus ferme démenti et de menaces de poursuites pour qui se plaindrait ?
Si comme beaucoup le disent de plus en plus le régime est bananier, tout est possible …
La pétition quant à elle s’adresse à ceux qui en se renseignant à travers la blogosphère en sont arrivés à la conclusion que ses auteurs sont sincères, et qui comme eux refusent l’abandon de l’état de droit auquel on assiste un peu plus tous les jours.
Si pareil abus n’est pas très lourdement sanctionné, notamment parce que les citoyens que nous sommes tous ne l’exigent pas, alors on saura que la France est vraiment une république bananière et que cela convient tout à fait à ses habitants.
laurent (simplex) : je ne suis pas condescendant et personne ne me dit depuis tout petit que je suis intelligent. ça c’est l’image que tu as de moi, et ça te regarde. usuellement, je ne contredis jamais les gens dans l’image qu’ils ont de moi, car ça en dit beaucoup sur eux, ce qui est intéressant. pour certains je suis arrogant, pour d’autres je suis hésitant, pour d’autres encore je suis distant, pour d’autres encore je suis passionné. avec certains je suis silencieux, avec d’autres je parle tout le temps. on trouve même des gens qui me considèrent comme un connard fini. c’est agaçant, mais je n’ai pas l’intention de donner ma propre vision de moi ici, c’est réservé à quelques intimes.
ce blog parle de cerveau par opposition à des blogs qui veulent communiquer. moi ici je veux réfléchir. c’est un clin d’oeil à d’autres qui font du podcast. et pour réfléchir, c’est pas mal d’écrire, ça permet d’approfondir. mon précédant blog s’appelait “explaining is understanding”. c’est la m^^eme chose en plus long.
je formule mes positions de façon extrêmement nettes, non pas parce que je suis obtus ou que je pense qu’elles valent mieux que celles des autres, mais pour partir d’un point de départ. pour être tout à fait honnête, la plupart des points de vue sont assez arbitraires, et il est ridicule de défendre une idée parceque c’était la mienne au départ.
libre à toi de mêler l’égo et la psychologie à la chose, mais ce n’est pas ce qui m’intéresse. ce qui m’intéresse est la valeur d’un argument. celui-ci doit donc être présenté et défendu de la façon la plus forte possible. cet intérêt pour l’argument par rapport à celui qui l’émet n’est pas très française. vous avez tendance à mêler la personne à l’argument. car ce qui vous importe avant les idées, ce sont les liens affectifs. tu auras tendance à rechercher le consensus (être aimé par le plus de monde possible ou l’inverse, c’est la même chose). moi je mets les idées en concurrence et je regarde comment elles survivent sur le marché. peu m’importe qui les émet, et peu m’importe comment elles sont reçues affectivement.
mais oui, si tu continues à venir me donner des conseils sur des questions auxquelles tu ne connais pas grand chose, je vais devenir très condescendant avec toi.
bruno : merci pour ces informations complémentaires, je vais les lire en détail à tête reposée. c’est extrêmemement précieux à première vue.