La fin du monothéisme

SurfCe qui m’a toujours étonné dans l’histoire des religions, c’est de voir le monothéisme l’emporter sur des religions à première vue plus riches et ludiques. Chez les Grecs, puis les Romains, on a finalement des dieux assez proches de nous, aux défauts très humains. Ils ne se distinguent que par le côté surnaturel. On remarque que nous sommes en bonne voie de nous doter de tous leurs pouvoirs. Comme si tout ceci avait constitué le rêve que nous nous sommes depuis lors efforcé de réaliser.

Comment expliquer que cette mythologie ait cédé la place à ce qui semble à première vue un appauvrissement ? Une explication unique, une toute petite famille, la rareté qui remplace l’opulence, des règles nettement plus contraignantes…

On peut déjà noter que cette évolution a eu lieu en même temps que le passage de Rome de la République à l’Empire. Y a-t-il eu alliance accidentelle ou fabriquée entre la soutane et la couronne ? Difficile à dire au départ, de façon certaine par la suite. Mais cette explication ne me semble pas entièrement satisfaisante. Le monothéisme a visiblement eu quelque chose de plus attirant qu’un pot-pourri mythologique dans lequel on piochait à loisir.

Il s’agit à mon avis d’une forme de confort, très similaire à celui que procure une hiérarchie. Le doute, l’hésitation, sont lourds à porter. Il y a dans cette unicité quelque chose de rassurant. Notre place dans l’ordre des choses est définie, notre avenir est tracé. Nous abandonnons notre libre-arbitre au profit de ce confort. Il nous évite d’être paralysé, transis de peur face à un avenir incertain. Mais nous restons de petits enfants.

En France, l’Etat est venu remplacer la religion dans ce rôle, alors qu’aux Etats-Unis, elle le tient toujours. Il n’est dès lors pas étonnant que sa paralysie, son incapacité à répondre aux problèmes et la perspective de sa réduction y soient vécus comme un traumatisme. Ce n’est pas la société de la peur, c’est une crise d’adolescence. Et si nous parvenons à éviter le suicide, ce sera la société de l’émancipation. Socialisme de l’émancipation chez DSK, démocratie participative chez Alain Lefebvre, démocratie 2.0 chez ~laurent, tout cela décrit la même chose. Assez de lignes tracées, de trajectoires balisées, d’étiquettes et d’uniformes, place au surf.

MAJ1 Merci à Laurent Bervas d’avoir repris ce texte. Je n’ai pas encore rédigé la notice légale, mais c’est évidemment du Creative Commons Paternité.

MAJ2 Le texte signé par DSK est en réalité écrit par l’une de ses plumes, Matthias Fekl, un jeune énarque. Cela n’en retire nullement la pertinence, mais illustre une nouvelle fois les changements en cours concernant la transparence, et la réflexion à mener pour en poser les obligations et les limites.

Photo : Remko van Dokkum

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3 Responses to “La fin du monothéisme”


  1. 1 ~laurent

    > Place au surf …

    Tu m’étonnes, j’étais justement tout a l’heure écouter les vagues et elles étaient belles. Te place bientôt une photo pour te montrer :D

  2. 2 gaëlle

    Bonsoir,
    Vous parlez de monothéisme et de mythologie. Qui y-a-t’il de changé aujourd’hui ? Le culte de la personnalité est toujours très présent, rien n’a changé depuis les grecs ou les romains, certains dieux étaient mortels comme le sont ceux qui se sont autoproclamés aujourd’hui non ?( dieux de la blogosphère, dieux de l’état…)
    Oups, j’ai dit une connerie ? ;-)

  3. 3 lionel

    au contraire, mais je crois, j’espère, que le roi commence à prendre froid, car il est presque nu.

  1. 1 Laurent Bervas

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