Dans une note de mon ancien blog, le 21 septembre 2002, j’écrivais :
Une étude de l’Union Africaine indique que la corruption sur ce continent lui coûte environ 150 milliards de dollars par an, soit 25% de son PIB.
Je veux bien qu’on dise que c’est de ma faute, puisque j’ai un passeport Français. Oui nous avons été de vilains colonisateurs, et en plus on a continué autrement quand c’est devenu politiquement incorrect, en utilisant Elf par exemple. Mais au fond les Africains sont dans la situation d’un enfant qui prend son indépendance. Soit tout est de la faute de ses parents, qui lui ont fait ci, ça, et que sais-je encore, soit il surmonte la question et il finit par se prendre en charge.
Le niveau de corruption est une façon indirecte de mesurer le respect accordé à la propriété privée. Si vous n’accordez pas de respect à la propriété de votre voisin ou de votre patron, vous avez peu de chance d’en accorder à une notion bien plus subtile, la propriété de tous. Le développement exige des Etats de droit suffisamment puissants pour faire respecter ces notions, jusqu’à ce qu’elles deviennent suffisamment ancrées, leur bienfait évident, pour ne plus nécessiter l’usage de la force.
Et pourquoi la propriété serait-elle si importante au développement ? Parce qu’elle permet l’accumulation, de troquer un bien dont on dispose contre une possibilité d’investissement, par les mécanismes de prêt.
Quand vous jouez votre maison, vous évitez les investissements absurdes, vous lisez sérieusement les rapports de la Commission des Opérations de Bourse (COB), vous investissez plutôt dans du tangible, du palpable, dans des trucs que vous comprenez. Enfin normalement. Sinon, et bien disons que c’est éducatif. Vous n’avez peut-être plus de maison, mais la prochaine fois vous ne la perdrez pas.
Il y a bien sûr une autre solution. Vous faites comme l’auteur des Guignols (Gaccio) : vous investissez à fond dans Vivendi parceque vous tombez amoureux de Messier, et puis, quand vient l’heure du réveil, vous lui tapez dessus tant que vous pouvez parce qu’il vous a ruiné. Oui oui, c’est le même qui peste contre la World Company.
Longtemps j’ai cru que ces notions étaient vraiment primaires. Je croyais qu’on était dans la phase suivante : que faire du surplus ? En parcourant le monde, je découvre combien elles sont encore peu partagées.
Il semblerait que certains africains commencent à partager ce point de vue. Lire par exemple cette remarquable interview accordée au Spiegel par James Shikwati, un jeune économiste kenyan. Titre de l’article : “For God’s Sake, Please Stop the Aid!” (Par pitié, arrêtez l’aide). Et cette pique, à rapprocher de ma note précédente : “no one can compete with the UN’s World Food Program” (Personne ne peut concurrencer le programme d’aide alimentaire des Nations Unies).
















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