Il y a de cela bien longtemps, dans une galaxie lointaine, François Mitterrand, président de la République, et Jacques Attali, son conseiller, eurent l’idée, afin de semer la zizanie à droite, de faire publier un livre anonyme, prétendument écrit par un dirigeant de droite. Le véritable auteur du livre, journaliste trop connu, fut remplacé lors de la promotion du livre par un jeune homme politique méconnu :
On comprend mieux pourquoi le même, devenu entre temps premier secrétaire du parti socialiste, avait tant de mal à distinguer sa gauche de sa droite :
Ce que certains qualifieraient sans doute de magnifique retour du refoulé.
Quelques années plus tard, peu après l’élection de Jacques Chirac à la présidence de la République, le plus mitterrandien des dirigeants de la droite publia dans Les Echos 24 lettres sous le pseudonyme de “Mazarin”. 10 ans plus tard, Nicolas Sarkozy reconnut en être l’auteur.
Il passe également pour être une source prolifique du Canard Enchaîné, à tel point que les juges ont chronométré le temps d’envoi d’un fax depuis le cabinet de son avocat pour tenter de le vérifier.
› Anonymat, pseudonymes, paravents et sous-marins feront partie de l’arsenal politique tant qu’ils démontreront leur efficacité. Pour parvenir à une démocratie exemplaire et apaisée, les contre-pouvoirs citoyens doivent relever ces pratiques, d’où qu’elles viennent, et non les relayer ou en faire usage eux-mêmes.
MAJ 22/9
Nouveau titre.
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@ Lionel,
Franchement, tu aurais pu trouver un titre plus conforme au contenu de ta note, non ?
@japarthur :
en quoi n’est-il pas conforme ? tu aurais préféré quoi ? “le mensonge en politique”, “le problème des pseudonymes et de l’anonymat”… ?
@ Lionel,
Par exemple, pourquoi pas ?
bah c une note légère et ce genre de titre correspond plus à des notes longues où je vais un peu plus au fond des choses.
par exemple en citant ces propos de Christophe Grébert dans cette intéressante discussion :
“Sachez le (mais je ne suis certainement pas majoritaire au sein de webcitoyen sur ce sujet), je suis par principe favorable à ce que l’identité des blogueurs soient obligatoirement affichés sur leur site.
Sur MonPuteaux, j’affiche mon nom, mon numéro de téléphone et ma photo. Ce n’est pas par narcissisme, mais c’est afin que mes propos soient pris au sérieux : je m’engage sur mon nom.
Je suis contre l’anonymat à partir du moment où on fait le choix de prendre publiquement la parole.
Bien entendu, cette position tient pour un pays -en principe- démocratique comme la France, et pas pour des pays où une parole critique vous mène direct en prison ou pire.
J’ai l’expérience, pour en avoir été victime, des sites et des commentaires anonymes. Il ne s’agit plus là de liberté d’expression, mais de delation ou de diffamation. On parle aussi de “corbeaux” ou bien de “campagne noire”.
C’est un problème, parce que c’est cela qui en partie donne une “mauvaise image” à internet et qui pénalise ceux qui veulent s’y exprimer citoyennement.
Je ne jugeais evidemment pas le contenu des messages de “simon le bon”. Je ne sais pas qui il est, et peut m’importe. Je m’interroge sur la légitimité à réclamer publiquement des comptes à une personne, à partir du moment où vous ne vous n’appliquez pas ces principes de transparence à vous même.
Demander de la transparence aux autres, en se cachant soit meme derrière un tranquille anonymat, refusant à quiquonque de pouvoir vous réclamer à son tour des comptes, est qq chose qui me gène.
Dans le fond, nous ne sommes pas hors sujet. Reclamer des droits, c’est aussi assumer des devoirs. Le devoir d’un Homme est notamment d’assumer ce qu’il dit.”
j’ai modifié.
@ Lionel,
Je commence par la fin: “j’ai modifié.” Super !
Je trouve les réflexions de Ch. Grébert intéressantes, mais incomplètes, si j’en juge par ma propre expérience:
1. La délation et la diffamation ne sont pas le propre de l’anonymat. L’affaire qui nous occupe le démontre amplement.
2. L’anonymat n’a pas nécessairement de motivation “criminelle”. Dans mon cas, je peux mentionner deux éléments de ce type: ma tranquillité (je ne souhaite pas être poursuivi pour avoir dit des choses aussi près de la réalité que possible) et mon absence de légitimité (je n’en avais aucune au départ et n’en ai toujours pas).
3. L’absence d’anonymat n’est pas nécessairement synonyme de vertu. A commencer par le narcissisme; bien qu’il s’en défende, je pense que Ch. Grébert en souffre un peu.
4. Se pose aussi la question relative à ce domaine du droit encore mal défini. Tout le monde n’a pas nécessairement envie - ou les moyens - “d’essuyer les plâtres”.
Bref, la question des pseudonymes et de l’anonymat est complexe. Ce n’est pas une panacée, mais ce n’est pas le mal absolu non plus.
D’autant que l’anonymat est rarement complet, comme dans les exemples que tu cites ou dans le mien: comme tu le sais, la police m’a trouvé lorsqu’elle m’a cherché.
on est toujours face à cette incohérence : on veut être aussi près de la réalité que possible, mais sans vouloir éventuellement l’assumer devant une juridiction. c dommage, parce que même si je suis généralement en désaccord avec toi, j’ai du respect pour ton travail. or l’anonymat a pour effet de t’amalgamer à des gens qui ne méritent pas le même genre d’éloge.
l’anonymat me paraît intéressant pour faire sortir les problèmes d’une structure ou envisager des questions de fond. en revanche il est beaucoup plus discutable dans le cas d’attaques personnelles et de dénigrements.
quelle a été la première réaction de “jean-baptiste trumier” ou de nicolas marié quand ils se sont sentis attaqués ? vouloir me rencontrer, soit tout l’inverse de l’anonymat. réaction humaine normale : c’est qui, pourquoi dit-il cela alors qu’il ne me connaît pas, pour qui roule-t-il ? etc.
ne pas satisfaire ces questionnements légitimes ne peut qu’instaurer un climat de défiance.
or l’anonymat ambiant est l’une des raisons pour lesquelles je ne l’ai pas fait : je n’aurais pas eu la liberté ensuite de relever les contradictions de leurs démarches car ils m’en auraient parlé et je me serais ensuite senti lié par ces confidences.
la vision de son propre anonymat n’est pas intéressante. ce qui est pertinent, c’est la vision que l’on a de l’anonymat des autres. or si on inverse, tout site anonyme qui donne un autre son de cloche (exemple récent : les vidéos de dechenoix la veille de l’élection qui trouve le bilan formidable) est automatiquement assimilé au “système aeschlimann”.
les personnes concernées sont elles-même mal à l’aise sur le sujet : il y a par exemple ce commentaire sur le blog de crouzet qui annonçait réfléchir à un “outing” des rédacteurs d’asnierois.org.
ces gamineries entretiennent et se nourrissent du manichéisme.