Dans son “bilan de mandature”, le candidat socialiste affine ses griefs en matière financière. Comparons à nouveau avec les chiffres du ministère du Budget, sur la période 2001 à 2006 :
Grief n°1 : “Explosion de la dette pour financer les dépenses de fonctionnement”
La dette par habitant a augmenté de 46% à Asnières contre 20% pour la moyenne des villes comparables1.
- La dette de la commune est passée de 1506€/habitant à 2193€/hab contre 1340€/hab à 1604€/hab pour la moyenne de la strate.
- En euros, elle était de 115 millions en 2001 et de 170 millions en 2006, une augmentation de 55 millions, soit un peu plus de 9 millions par an.
- Pour être complet, on peut noter une accélération sur les deux derniers exercices, autour de 15 millions par an, qui faisait suite à une quasi-stabilisation entre 2003 et 2004.
Les charges de fonctionnement par habitant ont augmenté de 12% contre 25% pour la moyenne des villes comparables. En tenant compte de l’inflation2, elles sont restées stables.
- Les charges de fonctionnement sont passées de 1136€/hab à 1275€/hab contre 1335€/hab à 1663€/hab pour la moyenne de la strate.
Les emplois d’investissement par habitant sont stables contre 46% d’augmentation pour la moyenne des villes comparables
- Les emplois d’investissement sont passés de 444€/hab à 461€/hab contre 584€/hab à 854€/hab pour la moyenne de la strate.
- Cette présentation est un peu trompeuse, car si les emplois d’investissement croissent généralement d’une année sur l’autre pour la moyenne de la strate, à Asnières ils jouent un peu au yoyo.
- La ville se caractérise par la faiblesse de la part consacrée au remboursement d’emprunts.
- La part consacrée aux dépenses d’équipement est passée de 285€/hab à 390€/hab contre 290€/hab à 471€/hab pour la moyenne de la strate, selon l’évolution suivante :
On peut certes s’amuser à considérer qu’une partie de l’endettement supplémentaire a permis de financer les 12% d’augmentation des charges de fonctionnement. Naturellement ce serait très trompeur car la ville a fait preuve de modération sur ce type de dépenses, contrairement à la moyenne. De plus, on remarque que le niveau d’emprunt suit les dépenses d’équipement :
› Le niveau de financement des investissements par la dette plutôt que par l’impôt mérite discussion. En revanche, il faut avoir beaucoup fumé pour considérer que la dette finance le fonctionnement.
Grief n°2 : “Augmentation forte des impôts”
Ici, l’argument est massif et incontestable, car même Le Figaro le dit. S’agissant de la taxe foncière : “en tête du palmarès des communes où la fiscalité a explosé : Nanterre (+11.40%), Versailles (+10.28%) et Asnières-sur-Seine (+18.25%).”
Un chiffre dont on ne sait pas à quoi il correspond, ni d’où il vient, mais l’essentiel y est : il est compromettant
- Quand on cherche à le déterminer, les choses se compliquent dangereusement. Quand on se rend à la source de l’entrefilet du Figaro (l’UNPI), on trouve une comparaison pour les Hauts-de-Seine avec des chiffres différents : 24,60% pour Asnières, 26,90% pour Clichy, 26,19% pour Levallois-Perret, 22,32% pour Neuilly, 25,01% pour Saint-Cloud, 30,89% pour Sceaux…
- Comme ce tableau indique qu’il s’agit de la cotisation communale + intercommunale + départementale + régionale, japarthur en déduit que le chiffre du Figaro correspond à la part communale. A supposer que ce soit le cas, c’est une comparaison beaucoup plus trompeuse qu’en englobant le tout puisqu’il n’y a pas de part intercommunale à Asnières.
Les taux choisis dépendent de références établies dans les années 60 qui ne correspondent plus à la réalité actuelle
- Pour commencer à saisir ce que les comparaisons de ville à ville sur les taux ont de trompeur, il faut savoir que le choix du taux des taxes dépend de l’évolution des bases fiscales. Or la référence utilisée dans leur calcul date des années 60 ce qui aboutit notamment au paradoxe que les logements sociaux ont souvent une valeur locative cadastrale plus élevée que les habitations en centre-ville3.
- La réalité est bien entendu encore plus confuse. L’économiste François Ecalle raconte : “Je ne résiste pas à la tentation d’une anecdote personnelle sur ce sujet. J’ai déménagé il y a quelques années à l’intérieur de la même commune. Je payais une taxe d’habitation [assise également sur la valeur cadastrale] assez substantielle pour mon ancien logement. Le nouveau est deux fois plus grand et sa valeur de marché est plus de deux fois supérieure. Qu’est devenue ma taxe d’habitation ? Et bien, le plus légalement du monde, je ne paye désormais plus rien ! La taxe d’habitation est une loterie nationale et j’ai gagné le gros lot.”
Le produit des impôts locaux par habitant a augmenté de 21% contre 19,5% pour la moyenne des villes comparables
- Il est naturellement de bonne guerre de se placer du point du vue d’un contribuable donné qui ne voit que l’augmentation de son taux et pas le reste. Mais si l’on veut savoir s’il y a eu une augmentation forte des prélèvements, il faut regarder les comptes de la ville et comparer à la moyenne.
- Le produit des impôts locaux est passé de 485€/hab à 586€/hab contre 715€/hab à 854€/hab. pour la moyenne de la strate, selon l’évolution suivante :
Le rapport entre les impôts locaux et le potentiel fiscal4 qui donne une idée de la pression fiscale locale5 est légèrement en baisse de 0,66 à 0,64 contre 0,82 à 0,72 pour la moyenne des villes comparables, le potentiel fiscal de la commune n’ayant augmenté que de 24% contre 37% pour la moyenne de la strate.
Détaillons maintenant par type de taxe.
Le produit de la taxe foncière par habitant a augmenté de 39% contre 26% pour la moyenne des villes comparables
- Il est passé de 115€/hab à 160€/hab contre 202€/hab à 254€/hab pour la moyenne de la strate.
- Magie des pourcentages, on prélevait à Asnières 87€/hab de moins que la moyenne de la strate en 2001 et 94€/hab de moins en 2006.
Le produit de la taxe d’habitation par habitant a augmenté de 44% contre 24% pour la moyenne des villes comparables
- Il est passé de 156€/hab à 224€/hab contre 163€/hab à 202€/hab.
- On prélevait à Asnières 7€/hab de moins en 2001 et 22€/hab de plus en 2006.
Le produit de la taxe professionnelle par habitant est resté stable contre une augmentation de 14% pour la moyenne des villes comparables
- Il est passé de 197€/hab à 193€/hab contre 334€/hab à 380€/hab.
Voyons maintenant la fiscalité indirecte.
Le produit de la fiscalité indirecte par habitant a augmenté de 112% contre 50% pour la moyenne des villes comparables
- Il est passé de 120€/hab à 254€/hab contre 149€/hab à 223€/hab.
- On prélevait à Asnières 29€/hab de moins en 2001 et 31€/hab de plus en 2006.
Les autres ressources de la ville, principalement des concours de l’État, sont restées stables contre 31% d’augmentation pour la moyenne des villes comparables
- Elles sont passées de 549€/hab à 545€/hab contre une augmentation de 593€/hab à 778€/hab pour la moyenne de la strate.
- Elles représentaient 47,55% du total des ressources de la ville en 2001 et seulement 39,32% en 2006. Pour la moyenne des villes comparables elles s’établissaient à 40,68% en 2001 contre 41,97% en 2006. Enfin, la moyenne nationale en 2005 était de 45,5%.
- On ne dispose malheureusement pas du détail, mais on vérifie la moindre contribution de l’État par rapport à la moyenne en regardant l’évolution de la dotation globale de fonctionnement qui est passée de 174€/hab à 333€/hab contre 208€/hab à 444€/hab pour la moyenne de la strate. A noter qu’une réforme avait élargi le périmètre de la dotation en 2004, en remplacement d’une autre ressource.
› L’augmentation du produit des taxes sur les ménages et de la fiscalité indirecte est supérieure à la moyenne de l’échantillon considéré. Elle est principalement due à l’atonie des autres ressources de la ville et non aux dépenses. Elle doit par ailleurs être relativisée : la pression fiscale locale, faible, est restée stable.
Les vraies questions
Il manque un peu plus d’une centaine d’euros par habitant pour stabiliser la dette.
Est-ce réalisable par des économies sur le fonctionnement ?
- On a vu que les charges de fonctionnement par habitant étaient stables en euros constants, contrairement à la moyenne.
- Seuls les achats et charges externes sont plus élevés : 357€/hab à 476€/hab contre 321€/hab à 433€/hab pour la moyenne de la strate. L’augmentation est de 33% contre 35% pour la moyenne des villes comparables.
- Par ailleurs, miracle de la comptabilité, si l’on regarde les données consolidées de 2005, on s’aperçoit qu’en vérité le poste achats et charges externes n’était supérieur que de 28€/hab à Asnières, contre 35€/hab en ne regardant que le budget principal. C’est-à-dire que la moyenne reporte une plus grande part de ces charges dans les budgets annexes. Pire, l’écart se réduit par rapport à 2004 (31€/hab) ! On s’imaginait une différence pour 2006 de 43€, et on risque d’être plus proche de 25€.
- Si le déséquilibre par rapport à la moyenne s’était créé en cours de mandat, on pourrait être optimiste. Mais ce n’est pas le cas et les observations CRC 2001 suggèrent que c’est structurel, puisque ce déséquilibre existait déjà en 1996. Soit parce que les primes du personnel sont toujours comptabilisées comme charges externes, soit pour d’autres raisons.
- Que représentent les frais d’avocat ? En comptant large à partir des chiffres qui circulent, 2,5 millions sur la période, soit 5€/hab. Que représentent les frais de communication ? Ce qui circule les établit à un demi-million par an, soit 6€/hab. Pour les premiers, l’excès est patant. Pour les seconds c’est nettement plus discutable car le taux de 0,5% du budget se retrouve dans beaucoup de collectivités.
- Pour rattraper la moyenne, il faudrait sans doute réduire ce poste de 6%, alors que la suppression illusoire de la totalité des frais de communication et d’avocats dégagerait au mieux 3%. Viser 10€/hab d’économies c’est déjà faire preuve d’optimisme. Ce sera loin d’être suffisant.
Au niveau local, il n’y a que deux leviers : réduire les investissements ou augmenter les recettes et donc les impôts
- En pratique, un adepte raisonnable du désendettement ferait un peu de tout : viser non pas la stabilisation de la dette mais le rattrapage de la moyenne, intensifier les économies sur le fonctionnement et arbitrer entre les investissements et les impôts en fonction de ses priorités.
Au niveau national, vers une réforme de la fiscalité locale
- Comme par hasard le rapporteur sur les relations financières avec les collectivités territoriales à l’Assemblée nationale est le député-maire d’Asnières. Il semble prôner l’approfondissement de la décentralisation. Peut-être est-ce, entre autres, pour qu’on cesse d’imputer au responsable d’un exécutif local des décisions sur lesquelles il n’a pas prise ?
- Autre étrange hasard, le chef de l’État lui-même évoque diverses pistes de réforme de la fiscalité locale.
› Au vu des contraintes de départ et en cours de mandat, la gestion financière de l’équipe sortante est plutôt bonne. Elle est entachée de dérapages qui permettent de la noircir à l’excès. Il manque une opposition constructive qui éclaire le choix des électeurs en présentant un projet alternatif viable.
A lire/voir ailleurs :
- Discours du Président de la République au 90e congrès des maires et des présidents de communautés de France. Le milieu du discours était destiné aux médias, mais le reste est consacré au sujet.
- Le Grenelle de la fiscalité locale, François Ecalle
- Les comptes des communes, 2005, Synthèse nationale, Ministère du Budget
- L’audit accablant que l’élu d’Asnières veut enterrer, David Serveney, Rue89
- Le conseil municipal tourne à la farce, Claire Guédon, Le Parisien. Petit chef-d’œuvre journalistique. Les amateurs de Fernandel et de Don Camillo ne seront pas dépaysés.
- Frais d’avocats : ce que vous coûte l’opposition…, UMP-Asnières et sa critique par japarthur
Sur le même sujet :
- Les fuites concernant le rapport
- Le petit jeu de Sébastien Pietrasanta autour du rapport de la Chambre régionale des comptes
- Quand asnierois.org sort un peu de sa bulle
MAJ 14/4/08
________- Il ressort des discours de Pietrasanta que la ville utilise, dans la documentation remise aux élus, une comparaison qui lui est plus défavorable : la moyenne des villes de même taille. Toutes les villes n’ont pas le même type de fiscalité. La moyenne utilisée par le ministère a l’avantage d’exclure les villes qui reportent une partie de leur dette et de leurs charges sur l’intercommunalité. Elle présente toutefois un inconvénient : sur la période, la taille de l’échantillon a baissé, passant de 2,5 millions d’habitants à 1,5 millions, un certain nombre de communes rejoignant un groupement fiscalisé. [↑]
- 10% sur la période [↑]
- A l’époque les HLM étaient considérés comme plus confortables que les habitations des centre-ville. [↑]
- “Le potentiel fiscal d’une commune est égal à la somme que produiraient les quatre taxes directes de cette collectivité si les taux d’imposition qu’elle appliquait à ces quatre taxes étaient égaux aux taux moyens nationaux, les bases utilisées étant les bases brutes servant à l’assiette des impositions communales, minorées le cas échéant des bases écrêtées de taxe professionnelle.” [↑]
- Qui serait de 1 si la ville prélevait l’intégralité de son potentiel fiscal. [↑]
Merci pour ce très bon travail et ce petit cours d’économie d’une collectivité locale.
Cela montre que personne ne travaille vraiment ses dossiers :
- les journalistes
- l’opposition
- le responsable de la communication de la ville d’Asnières
Plus facile de crier au loup ou de faire du pipole …
@ Lionel,
Très gros travail.
Dommage que la propagande de M. Aeschlimann ne soit pas aussi complète.
Un seul petit bémol. Les “contraintes de départ” ne viennent pas de nul part. M. Aeschlimann était 1er adjoint du maire précédent.
@ Lionel,
Tu devrais donner des cours aux journalistes de “Capital” qui osent citer Asnières.
http://www.capital.fr/actualite/Default.asp?source=FI&numero=66352&Cat=IMM&numpage=2
Merci pour l’analyse.
Mais pour être complet, et juger s’il y a (plutôt) bonne gestion ou (plutôt) mauvaise gestion, il faudrait donner un sens à ces évolutions en termes d’évolution démographique et de réponse ou non réponse en équipements et services publics. C’est bien d’investir mais quelle est l’utilité de l’investissement ? Si, comme pour le parking en centre Ville, on volatilise 815K€ l’utilité est nulle et la gestion, en l’espèce, très mauvaise. Si les marchés publics sont sous-optimisés, les frais engagés sont peut-être très supérieurs à ce qu’ils pourraient être. Si l’accord de RTT passé par la mairie est mauvais (cela semble être le cas cf CRC), alors à frais de fonctionnement constant pour la partie salaire le volume d’heures travaillées donc de service public rendu (grosso modo, sauf gain de productivité) diminue.
En gros : quelle est l’utilité des dépenses d’investissement ? Il y a une vraie rupture depuis 2000 avec l’augmentation du nombre d’habitants, corellées à l’explosition de la dette (on peut parler d’explosion et en ce sens, l’argument d’un facteur structurel ne me semble pas convaincant : il y a eu une politique immobilière qui a conduit à cette situation, il ne s’agit pas d’une situation subie par la mairie). Est-ce que, avec les milliers de nouveaux habitants, le nombre de places en crèche, en écoles élémentaires (qui dépend en partie de la commune), les équipements sportifs et culturels, les espaces verts, le nombre de places de parking… ont suivi ? Comment a évolué la propreté de la Ville ?
Une remarque : la dépense affichée pour la communication est à mon avis très en-dessous de la réalité. Les collectivités sont habiles à passer les dépenses de com dans d’autres postes de coûts (exemple : la TV locale passe dans le budget informatique). En outre, il faudrait avoir une idée des frais de personnels et je ne crois pas qu’ils soient inclus dans ces 0,5% (de mémoire, il s’agit du chiffre que le Maire indique à l’Expansion dans l’article sur les publications des collectivités ?). Bref, je ne suis pas certain qu’on sache de quoi on parle avec ces 0,5% et la réalité est peut être très au-dessus.
Une question : beaucoup de chiffres sont “par habitant” = qui fournit l’info sur le nombre d’habitant, sur la base de quel recensement ? Sur ce point, on voit circuler pas mal de chiffres très fluctuants sur la population d’Asnières et il me semble que c’est un facteur qui doit être précisé dans un contexte de forte croissance démographique.
Je viens de lire l’analyse faite sur asnierois.org
http://asnierois.org/fw/html/modules.php?name=News&file=article&sid=856
Cette analyse complète utilement l’analyse faite Lionel, il me semble. Et je partage sa conclusion, globalement à l’opposé de celle de Lionel : la gestion financière de la commune est mauvaise, et la possibilité d’un désastre financier dans les 4 ans n’est pas à écarter.
Globalement, c’est comme si la ville avait engagé une fuite en avant, basée sur l’option politique suivante : augmenter le nombre d’habitants de manière vertigineuse, catégorie CSP+ les plus taxés à Asnières ; augmenter le nombre d’habitants au-delà de ce que la Ville pourra supporter en termes d’équipements, malgré un endettement vertigineux, et au détriment de l’installation d’entreprises qui seraient pourtant source de TP. En sabrant au passage dans le social (cf association) ou en concédant des avantages énormes à des entreprises privées, que les générations futures paieront au prix fort (baux emphotéotiques). Et le tout couronné par une communication financière manifestement mensongère.
C’est cette erreur politique - ou cette incompétence à visée électoraliste ? - que les Asniérois, tôt ou tard, paieront très cher.
Lionel, je te trouve très sévère avec le candidat socialiste et très complaisant avec Aeschliman. Sur ce volet financier, comme sur d’autres, tu sommes Pietrasanta de s’expliquer sur son projet et ses idées - mais tu n’en fais jamais autant pour aeschlimann. sous-entendant donc que Aeschlimann, lui, aurait un projet et des idées très clairement exposé - ce qui est loin d’être le cas !
@erwan : je commenterai plus en détails ultérieurement, mais je précise un point. je critique M. Pietrasanta parce qu’il n’éclaire pas le choix des électeurs, bien au contraire.
en revanche le document que vous signalez et que j’étais justement en train de lire est une excellente contribution au débat, que je saluerai comme il se doit. je ne partage pas ses conclusions et son orientation, mais c’est bien la première fois que je vois poindre ce que j’appelle de mes voeux en conclusion : “une opposition constructive qui éclaire le choix des électeurs”.
Lionel,
Ce que je retiens de votre post, c’est :
1) Vous cherchez à tourner Sébastien Pietrasanta en ridicule sur son « grief n° 1 »
2) « la gestion financière de l’équipe sortante est plutôt bonne. » Ce serait votre conclusion, si j’ai bien compris
Permettez-moi de vous signaler qu’il s’agit là d’une forme de désinformation. Je vais expliquer pourquoi…
Revenons d’abord sur le grief n°1 à l’encontre de la tête de liste PS/Verts : “Explosion de la dette pour financer les dépenses de fonctionnement”
Je ne suis pas supporter de Sébastien Pietrasanta, je n’ai pas ma carte de militant PS, mais là, j’ai du mal à accepter que l’on cherche à décrédibiliser injustement, faussement la tête de liste d’une des seules alternatives crédibles au système Aeschlimann à Asnières.
Bien évidemment que la dette peut augmenter pour financer le fonctionnement, par directement c’est certain, mais indirectement. Savez-vous ce qu’est la capacité d’autofinancement (CAF) ? Votre billet n’en parle pas, ce qui est curieux car il s’agit d’une donnée essentielle pour expliquer l’évolution d’une dette. Quelques explications (pour les lecteurs qui n’y connaissent rien) : la capacité d’autofinancement est (en gros) l’excédent dégagé du budget de fonctionnement pour financer une partie de l’investissement. Il complète donc d’autres ressources d’investissements, comme les nouveaux emprunts, afin de financer l’investissement, à savoir d’abord le remboursement des emprunts, puis s’il y a excédent, les emplois d’investissements (c’est-à-dire les nouveaux investissements réalisés par la municipalité). Donc, si cette capacité d’autofinancement est faible (ce qui est le cas à Asnières : 76 €/hab en moyenne sur la période 2001-2006 contre 208 €/hab pour la moyenne de la strate financière), et si le niveau d’investissement est soutenu, la ville est obligée d’emprunter plus pour financer ses nouveaux investissements. Avant de revenir sur les propos de Sébastien Pietrasanta, analysons pourquoi la capacité d’autofinancement est si faible à Asnières.
Le problème, c’est qu’à Asnières, les dépenses de fonctionnement, bien que plus faibles que la moyenne comme vous l’avez parfaitement constaté, peuvent être encore largement réduites si la municipalité évitait de gaspiller autant d’argent public. Vous calculez 10 €/hab, soit environ 760 000 Euros (le nombre d’habitant étant basé sur le recensement de 1999, à savoir 76 314 habitants à Asnières), mais on pourrait réduire ces dépenses de beaucoup plus ! Il ne s’agit pas simplement de se baser sur ce qui fait du bruit dans la presse (frais de com et d’avocats), mais sur ce que révèlent les comptes administratifs de la ville. Quelques exemples (des plus connus aux plus subtiles) pour la période 2001-2006 (sources : comptes administratifs de la mairie, retirés… en mairie !) :
1) honoraires d’avocats (compte 6226) : 453 000/an en moyenne, soit 5,9 €/hab/an, proche de ce que vous avez mentionné
locations immobilières (compte 6132) : 186 000 €/an en moyenne, soit 2,4 €/an/hab. Il s’agit des locations faites par la mairie hors bien meublés. A noter le passage de 50 000 € en 2004 à 453 000 € en 2005. La municipalité n’avait-elle subitement plus assez de locaux disponibles pour faire travailler ses agents, alors que le nombre d’agents décroit ?
2) frais d’actes et de contentieux (compte 6227), principalement les frais d’huissiers : 116 000 €/an en moyenne, soit 1,5 €/hab/an
3) frais de carburant : 142 000 €/an en moyenne, soit 1,8 €/hab/an
4) frais de communication (somme des compte 6231 « annonces et insertions », 6236 « catalogues et imprimés », 6237 « publications », 6261 « frais d’affranchissement ») : 812 000 €/an en moyenne, soit 10,6 €/hab/an
5) frais de télécommunication (compte 6262) : 692 000 €/an en moyenne, soit 10,6 €/hab/an
6) frais de réceptions (compte 6257) : 67 000 €/an en moyenne, soit 0,9 €/hab/an. A noter qu’il ne s’agit pas des « fêtes et cérémonies » auxquelles sont ‘‘invités’’ les Asniérois mais bien des réceptions auxquelles ne sont ‘‘invités’’ que les ambassadeurs, ou responsables politiques prestigieux… (je ne citerais pas d’exemples…)
7) indemnités des maires adjoints (compte 60622) : 382 000 €/an en moyenne, soit 5 €/hab/an. A noter une augmentation spectaculaire de 35 % de ce compte entre 2002 et 2005.
9) autres matières et fournitures (compte 6068) : 847 000 €/an en moyenne, soit 11,1 €/hab/an. Ce compte n’ayant pas vocation à varier fortement, il est curieux de constater qu’il passe de 741 000 € en 2004 à 1 259 000 € en 2005.
10) autres indemnités personnel titulaire (compte 64118) : 3 874 000 €/an en moyenne, soit 50,8 €/hab/an. Il s’agit essentiellement des heures supplémentaires du personnel titulaire, ce qui correspond à 18 % de la rémunération de ces mêmes agents. A noter une augmentation de 35 % sur la période, alors que la rémunération principale du personnel n’a pas augmenté de plus de 15 %.
11) contrats de prestation de services (compte 611) : 11 617 000 €/an en moyenne (il faut bien compenser le faible nombre d’agents…), soit 152,2 €/hab/an, en augmentation de plus de 20 %.
Je m’arrête là… Faisons la somme des neuf premiers points mentionnés et prenons-en la moitié, cela fait 27 € par habitant et par an d’économie, soit plus de 2 Millions d’Euros. Rajoutons 10% des deux derniers points mentionnés, et on passe à 47 € par habitant et par an d’économie, soit plus de 3,6 Millions d’Euros.
Ajoutons le fait que la municipalité paie chaque année plus d’intérêts de ses emprunts passés qu’elle ne rembourse d’impôts. C’est fou, non ?! (il faut peut-être lire la phrase une deuxième fois pour bien en saisir son sens) Sur 10 Millions d’Euros d’annuité, la municipalité rembourse en moyenne 4,7 Millions d’Euros de capital alors qu’elle paie 5,3 Millions d’Euros d’intérêts ! Vous n’êtes pas sans savoir que le paiement des intérêts est une charge de fonctionnement, le remboursement du capital étant compté dans les emplois d’investissement. Une ville de la moyenne de la strate paie une annuité composée d’en moyenne 25% d’intérêts et 75% de remboursement du capital. Ce qui fait aussi un gaspillage de 2 à 3 millions d’Euros supplémentaire chaque année.
Allez, je rajoute rapidement les montages financiers du genre « baux emphytéotiques administratifs » (BEA), qui, depuis 2006, rajoutent 750 000 € dans le budget de fonctionnement sur 30 années, et ce, simplement pour financer un investissement que la ville ne pouvait financer sans avoir recours à un nième nouvel emprunt !!!
Ainsi, affirmer que la ville peut économiser 10 €/hab, pas plus, c’est de la désinformation, c’est affirmer un propos sans prendre en compte d’innombrables données que l’on ne voit pas en faisant une analyse de surface des données du MINEFI, ou se basant simplement sur ce que raconte la presse ! Cette méthode de désinformation me rappelle celle utilisée par un spécialiste du genre, j’ai nommé : Manuel Aeschlimann, lui-même ! Mais la comparaison s’arrête là : je ne doute pas le moins du monde de votre sincérité.
Donc, pour revenir aux propos de Sébastien Pietrasanta : à Asnières, la municipalité gaspille chaque année entre 3 et 6 Millions d’Euros de frais de fonctionnement. Cela fait donc 3 à 6 Millions d’Euros d’autofinancement en moins, n’est-ce pas ? Cela fait donc – à niveau d’investissement équivalent – 3 à 6 Millions d’Euros de nouveaux emprunts en plus, donc 3 à 6 Millions d’Euros de dette en plus !
Conclusion : eh bien oui, on peut dire, par abus de langage, que la dette peut financer les dépenses de fonctionnement. Pas directement, bien entendu, puisque les nouveaux emprunts financent les nouveaux investissements, mais indirectement parce que, en gaspillant 3 à 6 Millions d’Euros, cela fait 3 à 6 Millions d’Euros de nouveaux emprunts à faire pour compenser les dépenses de fonctionnement inutiles. Aaaaah, si Sébastien Pietrasanta avait dit ‘‘compenser’’ au lieu de ‘‘financer’’, cela vous aurait peut-être évité de faire un long dossier sur les finances d’Asnières, et moi d’y répondre si longuement !
Autre chose sur les propos que Sébastien Pietrasanta que vous critiquez si facilement mais habilement : il avance +18% d’augmentation des taxes entre 2001 et 2006. Et vous ne voyez pas bien d’où sort ce chiffre. Il s’agit de l’augmentation des taux des taxes. Je vous accorde le fait qu’il aurait pu le préciser, et que, quitte à critiquer l’action du maire, il aurait pu annoncer une augmentation de 38 % du produit des taxes, comme vous l’avez justement fait. Eh oui, les taux ne font pas l’impôt, c’est bien connu, mais pas de tout le monde apparemment (malheureusement). Il faut dire que M. Aeschlimann ne communique que sur les taux, ce qui embrouille sacrément les électeurs ! Au moins peut-on accorder à Sébastien Pietrasanta une certaine honnêteté et le fait qu’il ne cherche pas absolument à trouver le chiffre le plus spectaculaire pour critiquer l’action de son adversaire politique. Qualité qui est assez rare de nos jours en politique…
Revenons maintenant à la question de la dette : quels sont les leviers pour diminuer la dette ?
1) augmenter la capacité d’autofinancement et permettre de limiter les nouveaux emprunts
2) rembourser plus de capital de la dette
Comment faire ?
Une réponse assez générale à 1) pourrait être : augmenter les recettes de la fiscalité locales (ce qui ne veut pas dire systématiquement augmenter les taux) couplé à une limite du gaspillage, ce qu’on a vu précédemment. Augmenter les recettes de la fiscalité, c’est d’abord augmenter les bases de la Taxe Professionnelle : Asnières a trois fois moins de recettes que Clichy et deux fois moins que la moyenne de la strate, et là, je constate que vous etes passé sur ce constat sans commenter… Pourquoi les bases de la Taxe Professionnelle sont-elles si faibles à Asnières? Parce qu’il n’y a pas assez de locaux pour les entreprises. La majorité des établissements n’ont pas ou peu de salariés, donc occupent une faible surface de locaux, ce qui rapporte peu. Les « grands noms » qui se seraient installés à Asnières, dont parle la propagande du maire (Procter & Gamble, L’Oréal, Lesieur, etc.) ont tous moins de 500 employés, ce qui est loin des 4000 employés de l’Oréal à Clichy par exemple. Encore un effet d’annonce du maire…
Une réponse à 2) serait de s’inspirer des villes voisines comme Clichy ou Colombes qui ont réussi à sortir de la spirale négative de la dette et qui ont su même la diminuer. Mais je passe sur ce point. Le dossier que vient de publier asnierois.org détaille les stratégies financières employées par ces municipalités.
Encore un point : vous avancez « le niveau d’emprunt suit les dépenses d’équipement ». Oui, mais c’est 50 % des dépenses d’équipements sur la période 2004-2006 et 66 % pour 2006 ! Alors que la moyenne est à 30 %, Clichy et Colombes à 17 % ! D’où le problème de l’autofinancement, auquel on revient naturellement.
Allez, encore un : vous dites « le choix du taux des taxes dépend de l’évolution des bases fiscales. » Pardon, je ne comprends pas. Les bases fiscales, pour ce qui est des Taxes d’Habitation et Foncières, sont réévaluées chaque année par le Parlement. Ce qui est vrai, c’est que les bases ont été décidées début des années 70, ce qui fait que l’on peut avoir un pavillon ancien et avoir une faible base (malgré les réévaluations annuelles effectuées par le Parlement), mais si on a un pavillon récent, la base est bien plus élevée ! A part cela, j’avoue ne pas voir le rapport entre le choix du taux (qui est voté par le conseil municipal) et l’évolution des bases…
Encore un : « Le produit de la taxe professionnelle par habitant est resté stable contre une augmentation de 14% pour la moyenne des villes comparables » Et là, no comment de votre part ! (je l’ai déjà relevé plus haut) Déjà, ce n’est pas tout à fait vrai : le produit de la Taxe Professionnelle diminue de 2 % entre 2001 et 2006, alors que le taux a augmenté de 28 % !!! Cette diminution est certes symbolique, mais en dit long, car combien cela fait-il de diminution pour les bases ? - 23,5 %, alors que la moyenne de la strate est à moins de 2 % de diminution ! Et vous semblez trouver cela normal, puisque vous n’en parlez pas… Mais le pire dans cette affaire, c’est la désinformation du maire, qui n’arrête pas de vanter les mérites de son action en matière d’attractivité d’entreprises : les fameux « grands noms » (Procter & Gamble, Lesieur, L’Oréal, etc.), alors que ces groupes rapportent très peu à la ville, tellement leur effectif est maigre sur la commune.
Et enfin : « Il manque un peu plus d’une centaine d’euros par habitant pour stabiliser la dette. » Ah bon ?????? Comment expliquer qu’elle est passée de 1800 à 2000 Euros/hab (j’arrondis) entre 2004 et 2005, 2000 à 2200 Euros/hab entre 2005 et 2006, et enfin de 2200 à 2600 Euros/hab entre 2006 et 2007 ????
Je passe sur les détails du genre : « si on regarde les données consolidées, on constate que… », tout cela est tellement infime comparé aux grossièretés de la gestion financière de la ville !
Si la conclusion de ce petit résumé des finances de la ville est « la gestion financière de l’équipe sortante est plutôt bonne » (même « au vu des contraintes de départ et en cours de mandat »), eh bien, je me demande alors ce que devrait être une municipalité dont la gestion est plutôt mauvaise ! Pour vous, « la dette est un flux » (citation d’un de vos commentaires laissé sur le blog Pietrasanta), c’est assez amusant de voir cela de cette façon. Avez-vous déjà fait un emprunt pour un projet personnel ou professionnel ? Si c’est le cas, pensez-vous que votre emprunt est « plutôt bon » si vous devez payer plus d’intérêts que vous ne remboursez de capital, et ce pendant trente ans ? Et si aujourd’hui vous deviez encore emprunter pour de nouveaux projets, pensez-vous que ce serait raisonnable d’emprunter sur trente ans à taux variables ou capés ? Ne remettriez-vous pas en question votre façon de gérer vos finances ? Et là, dans le cas d’Asnières, il ne s’agit pas de votre argent personnel, mais de finances publiques, c’est-à-dire de finances pour l’intérêt général, pour les habitants d’une ville entière.
Permettez-moi de vous dire que ce n’est pas en pratiquant cette forme de désinformation que vous servirez les intérêts de la ville, mais là n’est pas votre dessein, c’est clair. Faire une analyse sur un sujet aussi sensible que les finances d’une ville de près de 100 000 habitants, et la publier, mérite d’y consacrer un peu plus de réflexion, une plus grande profondeur. Je ne prétends pas détenir la vérité sur les finances d’Asnières, mais au moins j’essaie de pousser mon analyse un peu plus loin que les chiffres annoncés dans la presse ou ceux publiés de manière succincte sur le site du MINEFI.
L’analyse que je fais de votre analyse (si je puis me permettre), c’est donc que vous ne cherchez pas à servir les intérêts de la ville et que vous ne cherchez pas à établir une quelconque ‘‘vérité’’ sur ce qui s’y passe, mais que vous semblez servir – de façon habile certes, peut-être involontaire ? – les intérêts de M. Aeschlimann, en cherchant à décrédibiliser à tort un de ses adversaires politiques, et en concluant – par une analyse partielle et orientée - que sa gestion est « plutôt bonne ». Au final, vous ne servez même pas les intérêts de M. Aeschlimann car vous provoquez un débat qui permet d’éclairer quelques points supplémentaires sur les obscures finances d’Asnières. Mais je vous rassure, je ne suis pas certaine que cela soit volontaire de votre part
amina :
ce n’est pas ma faute si M. Pietrasanta s’est décrédibilisé tout seul en annonçant durant plusieurs années que la ville risquait d’être placée prochainement sous tutelle préfectorale. quand on crie au loup, encore faut-il s’assurer qu’il arrive, sinon il ne reste qu’un petit club de groupies fanatisés. ce n’est pas d’avantage moi qui ai fait du populisme en conseil municipal en faisant des propositions dérisoires en regard des problèmes. ce n’est pas plus moi qui ai prétendu que M. Aeschlimann ne fichait rien à l’Assemblée en prenant des exemples ridicules à l’appui de ma démonstration. tout ça, ce n’est pas moi, c’est M. Pietrasanta.
si je suis intervenu sur tous ces sujets, c’est pour que le débat cesse de s’obnubiler sur aeschlimann et porte sur les asniérois et la ville et propose de vrais choix aux électeurs, et pas juste un vote contre qui ne mène nulle part.
vous trouvez que M. Aeschlimann désinforme. vous avez raison. M. Aeschlimann, c’est M. Bonnes nouvelles. pour les mauvaises, il vaut mieux chercher ailleurs. le seul problème, c’est que tout à ce constat, ses opposants pensent détenir la vérité et font ce qu’ils dénoncent, en ne présentant que les mauvaises. de la sorte, ils désinforment tout autant. et ça nuit à leur propre crédibilité. ce n’était pas faute d’avoir longuement explicité ma démarche ici :
http://www.zebraincast.com/blog/archives/77
il faut revenir à plus de modestie. quand M. Aeschlimann critique “les méthodes de l’opposition”, il précise bien dans son intervention que c’est son point de vue. chacun est libre de ne pas le partager. quand ses opposants dénoncent ses intox, c’est tout autant un point de vue, intéressant d’ailleurs. sauf que, tout à leur certitude d’être dans le camp du bien contre le mal, ce n’est pas présenté comme un point de vue, mais comme la vérité. qui a une vision du monde totalitaire, où l’on détient la vérité ? qui a une vision du monde pluraliste, où l’on défend son point de vue et ses idées ? qui intègre dans sa communication les limites de la communication de masse, forcément simplificatrice et caricaturale ? qui ne les intègre pas ? qui montre qu’il y réfléchit ? qui montre qu’il ne peut y réfléchir, puisqu’il ne voit que la poutre dans l’œil du voisin ? qui admet dans sa propre propagande que son bilan n’est pas parfait ? qui trouve que tout est nul ?
pour une fois, on a le dernier exemple symptomatique en date sous les yeux, pas juste la version des uns sans celle des autres. Capital sort un dossier sur la gestion des villes. en ouverture de ce dossier, il vante la modération des frais de fonctionnement qui caractérise Asnières, et par la suite, dans son tableau, considère que la situation financière de la ville est mauvaise. scandale, désinformation, honte, carton rouge : M. Aeschlimann met dans sa propagande électorale la partie qui l’arrange. sauf que cette fois-ci le PS ne pourra pas dire que c’est les vilains de l’UMP qui ont commencé. car c’est le PS le premier qui a diffusé un tract où il n’était question que de la partie défavorable du dossier de Capital
ce qui est reproché à M. Aeschlimann, c’est les défauts du marketing électoral de masse, les effets pervers du cumul des mandats, les insuffisances de la démocratie représentative etc. le net permet précisément d’envisager des solutions à une partie de ces problèmes. mais pas de la façon dont les diverses oppositions s’y sont prises jusqu’ici. le résultat est mauvais pour Asnières à deux titres : cette façon de faire nuit à l’action du représentant de la ville au plan national. que cela plaise à l’opposition ou pas, ce représentant est M. Aeschlimann. et elle nuit à la crédibilité de l’alternative elle-même.
petit-à-petit la prise de conscience semble se faire. le document d’asnierois.org est très positif à cet égard. le site doit encore décider s’il fait de la politique ou de l’information. s’il fait de la politique, qu’il l’assume clairement. et s’il fait de l’information, qu’il prenne ses distances avec Mme Fischer. soit on est un contre-pouvoir citoyen, soit on est un pouvoir politique de remplacement. en jouant sur les deux tableaux, on perd sur les deux. comment être crédible quand on réclame une meilleure gouvernance pour les autres quand la sienne est à ce point discutable ?
le fait que M. Pietrasanta présente un projet est aussi un progrès par rapport aux législatives. mais il faut que ce projet soit réaliste et viable. vous pensez qu’il l’est. erwan trouve que ce n’est pas mieux en face. “votez pour moi, je ne serai pas pire que le nul de maintenant…” voilà qui est très mobilisateur
j’en viens maintenant sommairement au fond :
votre décompte repose en partie sur des désaccords politiques.
en ce qui concerne la communication, je considère qu’une politique sans communication est très inefficace. par ailleurs, la communication non segmentée est également inefficace. que les oppositions voient les multiples titres pour ce qui les dérangent (en exagérant : le maire qui fait sa promo toutes les trois pages) ne signifie pas que ce soit dans l’intérêt de la ville de réduire ces dépenses.
je vais vous donner un exemple : le conseil régional d’Ile-de-France a eu la bonne idée de mettre en place un service de bus de nuit qui fonctionne après la fermeture du service des RER. s’il n’y a pas une forte communication sur cette bonne idée, que va-t-il se passer ? les bus vont être vides. si la droite reprend la région, un gestionnaire obtus et antipathique va constater que la fréquentation est faible et que ces bus ne servent à rien, style “pas de demande, pauv’cons de socialo-communisverts”. ou pire, la chambre régionale des comptes va enquêter, et le responsable de cette bonne idée va passer un très mauvais quart-d’heure, style x millions pour 0,0000000x usagers.
pour que toutes les personnes concernées soient au courant, vous croyez qu’il suffit de faire un encadré dans le magazine du conseil régional que “personne ne lit” ? non, il va falloir lancer plusieurs campagnes de communication, sous formes d’affiches dans le RER, dans les boîtes de nuit, dans les radios, idéalement envoyer des équipes qui en parleront aux gens dans les derniers RER, demander aux compagnies de transport de l’annoncer régulièrement aux passagers, bref tout faire pour que les diverses personnes qui pourraient être concernées soient au courant. si on veut donner sa pleine efficacité à la mesure, il est probable que sur les premières années le coût de la communication sera supérieur au coût de la mesure !
et bien à Asnières c pareil, votre maire communique à tout va, se ballade avec sa tante, construit des mairies annexes, dépense une fortune pour une mairie mobile etc. quand on ne l’aime pas, c’est très agaçant, car évidemment il fait en même temps sa promo. donc c’est du gaspillage qui ne sert à rien à part à se faire réélire. mais je ne partage pas cette opinion, et le fait de citer continuellement cet exemple comme source évidente d’économie est très révélateur des conceptions de ceux qui le font.
à mon sens l’action publique ne peut avoir d’effet que si elle est incarnée (par son responsable) et communiquée à ceux à qui elle s’adresse. donc ce qui pour vous est un gaspillage que l’on peut allègrement réduire aboutira à des gaspillages nettement plus élevés mais moins voyants, sauf le jour de l’élection lorsque les électeurs se détournent des partis de gouvernement. ce qui pour vous est un dérapage (le mélange comm. institutionnelle / comm. politique) est pour moi le signe d’une action publique qui a des chances de ne pas être systématiquement rejetée, comme c’est le cas depuis 30 ans. que cela entraîne des effets pervers, des dérives et des abus, que “trop de comm tue la comm”, la désastreuse image de votre maire sur le net en est une bonne illustration. contrairement à ce qu’ont l’air de penser ses opposants, elle n’est pas rédhibitoire.
l’autre critique générale sous-tendue par votre décompte, c la façon dont votre maire a transformé sa mairie en base logistique pour ses combats et son ambition politique. c’est très contestable, j’en suis bien d’accord, mais c’est comme ça qu’on a toujours fait de la politique en France. pour le bien de sa ville, c’est un atout d’avoir une influence nationale. c’est comme ça qu’on pèse sur le prolongement du métro, c’est comme ça qu’on a des chances de peser sur les réformes de la fiscalité locale etc. vous croyez vraiment que M. Pietrasanta aura une autre approche, lui qui passe son temps à expliquer tout ce qu’”il obtient” à la région pour Asnières ? il ne pourra y avoir d’évolution réelle dans ce domaine qu’après avoir clarifié la décentralisation et interdit le cumul des mandats. la commission Balladur a tranché pour l’interdiction du cumul, on verra si ça passe les obstacles d’après.
sur le décompte lui-même, comment pouvez-vous penser que M. Pietrasanta va engager une réduction des dépenses de personnel alors qu’elles ont été contenues, qui plus est à un niveau très faible, et que c’est totalement l’inverse qui s’est produit dans le budget que gère la garante de son programme ? les charges externes à Clichy étaient égales à la moyenne de strate en 2001, 48€/hab de plus en 2006. 77€/hab de plus que la moyenne pour les charges de personnel par habitant en 2001, 114€/hab en 2006.
par ailleurs, vous relevez que les prestations externes sont élevées pour compenser la faiblesse du nombre d’agents, mais vous allez tout de même parvenir à réduire les deux de 10% ! la masse salariale est faible quand ça vous dérange, mais trop élevée et donc réductible quand ça vous arrange.
vous prenez une ribambelle de comptes que vous jugez excessifs, et pouf, baguette magique, tout ce petit monde va pouvoir être divisé par deux, c’est évident.
pour conclure, votre décompte repose sur la foi. tant que ce n’est pas comparatif sur des prestations équivalentes, vous ne convaincrez que les convaincus.
je serai très bref sur le reste, d’autant que j’y reviendrai plus en détails ce week-end.
j’ai moi-même indiqué dans ma note qu’on pouvait s’amuser à considérer que la dette finançait le fonctionnement. toute votre explication sur le fait qu’indirectement c’est possible était donc intégrée dans cette remarque. sauf que quand M. Pietrasanta dit que la dette finance le fonctionnement, pour M. et Mme tout le monde, ça signifie que la ville s’est endettée et que l’argent a servi à payer les dépenses courantes. surtout que dans la même intervention, il prétend que l’investissement est très très faible. ce n’est pas de la désinformation ça, peut-être ?
même avec votre plan d’économie drastique sur le fonctionnement à 3,6 millions d’euros, ça nous aurait fait 21,6 millions d’euros sur la période. quel a été la progression annuelle de la dette d’après le document d’asnierois.org ? 15 millions d’euros par an. donc en prenant votre propre décompte d’économies, la dette a financé un peu plus d’un quart du fonctionnement. bien sûr, si on prend les chiffres du ministère, sur lesquels je me fonde, le rythme annuel de progression de la dette n’est que d’un peu plus de 9 millions par an.
M. Pietrasanta a donc à moitié raison s’il avait appliqué votre programme incontestable d’économie dès 2001 et utilisé mes chiffres de progression de la dette. mais il a au trois quart tort s’il utilise son propre chiffre de la dette, tel qu’il figure dans son programme et dans le document d’asnierois.org, les 200 millions d’euros.
vous êtes vraiment sûre que c’est moi qui désinforme ?
il faut faire attention quand on triture les chiffres dans le sens qui nous convient, on se les reprend toujours dans la gueule. les grands exégètes de la communication du maire d’Asnières devraient l’avoir régulièrement constaté à leur plus grand profit, depuis le temps, tout de même.
il est marrant ce Pietrasanta !!!!!
Déjà on ne peut plus publier sur son blog….et dire qu’il se vantait d’être le seul à avoir un blog où la liberté d’expression existait….et bah, il faut croire qu’avec lui comme maire, rien ne va s’arranger !!!!!
Ensuite, il me fait bien marrer !!!! D’un côté, il nous affirme que grâce à lui, la ligne 13 a été prolongée (merci on l’avait attendu !!!!) et de l’autre, il semble apprendre comme ça que la ligne 165 va être supprimée !!!Et bien ça alors !!!! Ce n’est donc plus mrPietrasanta qui dirige la RATP (humour !)
Enfin, pour un candidat qui se veut constructif, et qui ne vuet parler que de son projet il n’y a sur son blog quasiment aucun post qui ne parle pas du maire sortant….c’est un peu léger pour remporter une élection……Mais, quand on a pas de programme, il reste toujours l’attaque de caniveau !!!!
A+
greg : en fait il a expliqué à votre ami manu que les affreux partisans du maire allaient inonder son blog, et donc, par principe de précaution, il a fermé les commentaires.
je pense qu’en vérité le problème c que le chiffrage de ses propositions était dans sa carte SIM, et maintenant que l’UMP la lui a volée, il est dans la merde pour vous répondre sur le sujet. vous devriez avoir honte d’avoir sabordé un espace de liberté avec vos questions.
oh oui Lionel, je suis désolé…il vz surementporté plainte contre moi !!!!!!!!!!!!
Le pauvre Caliméro a qui on a voulu trafiquer la voiture, maintenant, on lui vole son téléphone!!!!! Il y a du Mitterand chez ce Pietrasanta (cf l’attentat truqué contre Tonton Mimit).
Au fait, c’est énorme, Mr Pietrasanta avoue avoir évolué sur la question de la vidéo surveillance. Son article sur la sécurité est très drole ! Comme il sait que la gauche ne lui suffira pour être élu, alors, il droitise son discours ! C’est cocasse à 1 semaine des élections !!!!
Est-ce que c’est moi qui ai changé ou le niveau des commentaires s’est sérieusement dégradé récemment sur ce site ?
oh oh, japarthur is back !!!!!!
Il va pouvoir nous dire quels seront les titres du Parisien sur Asnières pour cette dernière semaine avant le 1er tour :::!!!
j’ai bien l’impression qu’Asnières va être la dernière ville présentée dans le Parisien dans la rubrique “une ville un jour” … c’est marrant ça !!!!!!!!!!
japarthur : si tu fais référence à mon trait d’humour sur le chiffrage du programme de M. Pietrasanta, j’assume complètement. il a publié son projet sans le chiffrage, puis à indiqué à greg qu’il lui fallait un peu de temps pour le fournir. c’était déjà énorme, mais devant l’insistance de greg, il nous a ensuite expliqué qu’il avait envoyé le chiffrage aux asnierois. depuis, il a fermé ses commentaires, en invoquant le grand risque d’attaque des milices virtuelles umpistes. M. Aeschlimann aurait fait le même coup, c’était au moins la “une” du Monde. bref ça m’amuse.
si tu fais référence à greg, je crois qu’il lui reste de la marge sur le critère du bon goût et du mauvais esprit par rapport aux excités du camp d’en face.
greg : jusqu’ici je trouve les articles de Claire Guédon sur Asnières remarquables. finesse, recul, équilibre sans pour autant manquer d’empathie… après votre champion s’y est aussi mal pris en “judiciarisant” les problèmes. ce n’est plus le cas, mais ça lui collera longtemps à la peau.
sinon il me semble qu’Asnières était en fait la première de la série “une ville un jour”. ce qui est vrai, c’est que ça n’a pas été repris par les sites habituels. tu le trouveras par contre chez japarthur, transmis par mes soins
en ce qui concerne Mitterrand, au final on attribue généralement l’affaire de l’observatoire à l’extrême droite, mais peu importe. plutôt que Mitterrand, je trouve que jusqu’ici il ressemble plutôt à la caricature qu’il se fait de son adversaire. “la comm. permet de faire gober tout et n’importe quoi”, donc il suffit de faire semblant d’avoir un projet qui ratisse large, pas besoin qu’il soit réaliste. or c’est beaucoup plus subtil et compliqué que ça.
ceci dit, je le trouve sympa de nous avoir supporté tout ce temps. c’est sa première campagne de ce niveau, et il y a beaucoup de progrès par rapport à la précédente.
je me fouette ! effectivement Asnières est passée en 2ème position !
Pour Claire Guesdon je ne pensais pas spécialement à elle mais plutot à Marisa Faion dont les articles ressemblaient plus à la plume du candidat PS……
Voilà voilà, sinon j’attends toujours moi aussi le chiffrage de sa campagne…..
A+
MAJ de la note
* Rapport d’observations définitives, C.R.C. Ile-de-France
* Réponse du député-maire